UN RETOUR SUR L'HISTOIRE
Extrais
Jean-Pierre-Timbaud responsable de la CGT
A l'une des réunions avec léon Blum il avait déclaré qu'il ne pouvait rien contre le mur d'argent ( formule utilisée auparavant par Edouard Herriot,Jean-Pierre Timbaud avait rétorqué : le << mur d'argent,on l'enfonce ! >> ( mais,au procès de Riom,Léon Blum n'a-t-il pas reconnu qu'il <<agissait en tant que gérant loyal du capitalisme ?>>
1938
Vers la rupture du Front Populaire
Il y avait eu en mars 1938, l'Anschluss,l'annexion de fait de l'Autriche par l'Allemagne.Quand Hitler est entré à Vienne,le 18 mars,ce fut un défi.Pui ce fut la répréssion.Des Autrichiens hostiles au nazisme furent envoyés dans les camps de concentration où ils rejoignirent les Allemands antifascistes.A peine l'annexion de l'Autriche était-elle achevée,qu'Hitler revendiquait la Tchécoslovaquie en prenant comme prétexte l'existence des minorités allemandes dans les Sudètes.
LES ACCORD DE MUNICH : AIDE ET ENCOURAGEMENT A HITLER .
L e 29 septembre,la France et l'Angleterre signaient avec Hitler et Mussolini les accords de Munich.
C'était tellement flagrant que touts les capitulards ( pas un instant gênés par la honte ) ne cachaient pas leur joie d'avoir fait de l'Union soviétique << la grande vaincue de Munich >> .Non ! L'abandon de la Tchécoslovaquies n'était pas inévitable !Et pourtant!Par dizaines de milliers,les Parisiens sont allés à la rencontre de Daladier pour l'acclamer à sa descent d'avion…
Il n'en espérait pas tent,au point qu'il ne put s'empêcher de murmurer,paraît-il,tout bas : << les cons ! >> Cela traduisait bien le coup qu'il venait d'assener à la France et à la paix avec son complice Chamberlain ,sans d'ailleurs qu'ils n'en éprouvent aucun remords.Quant aux dirigeants Socialistes,selon l'expression de Léon Blum,il en avaient éprouvé << un lâche soulagement >>.
GABRIEL PERI : avait raison de les dénoncer dans l'Humanité,comme à la tribune de la Chambre des députés :<< Ne baptisez pas cela du nom de paix.La paix n'a rien à voir avec ce triomphe de l'égoÏsme de classe.La paix : il faut la regagner !
<< Plutôt Hitler que le Front populaire ! >>
<< Mieux vaut la servitude que la mort ! >>
Contre les décrets-lois qui remettaient en cause des lois sociales ( notamment les quarante heures ),contre un patronat de plus en plus arrogant,des grèves éclatèrent dès le 21 novembre 1938 dans plusieurs usines de la métallurgie parisienne,puis dans le Nord,la Loir,au Havre,etc… .Partout,la police et les gardes mobiles étaient lancés contre les grévistes.Partout,le patronat y ajoutait la répression.Chez Renault,280 ouvriers avaient été arrêtés,traduits en correctionnel.La répression fut massive: 1 731 travailleurs poursuivies devant les tribunaux;800 peines de prison ferme.On ne comptait plus le nombre de retenues de salaire.Et le nombre des licenciements fut considérable : 1 600 dans l'aéronautique;plus de 4 OOO dans l'automobile dont plusieurs centaines chez Renault ( des militants en premier lieu );prés de 4 000 dans la chimie.Au total,on a dénombré dans le pays plus de 100 000 ! licenciements pour fait de grève,fin 1938,au seuil d'un hiver qui,par surcroit,s'annonçait très rude…
La France,sur la lancée des accords de Munich,n'allait-elle pas signer sans grande publicité,le 6 décembre 1938,avec l'Allemagne hitlérienne une déclaration commune qui ressemblait forts à un pacte de non-agression,laissant en tout cas les mains libres à Hitler vers l'Est ?
( Nous communistes,nous aimons notre pays ! ).Et cela,résonnait très fort,au moment où tant d'autres avaient choisi l'abandon des valeurs de souveraineté nationale.Le Parti rappelait ce qu'il avait tant de fois affirmé :Nous sommes les héritiers des révolutionnaires de 1789 .>>
Pour la manifestation du 14 juillet 1939,le Parti communiste proposa au Parti socialiste ( SFIO ) de célébrer avec éclat,à Paris,cet anniversaire .
Le Parti socialiste refusa !
Pour lui,la célébration de ce 150e anniversaire pouvait se limiter à l'émission d'une médaille…et à quelques festivités entre notable .
Méme après Munich ! Dès le 17 avril 1939.l' Union soviétique leur avait lancé un appel pour envisager,à Moscou,lors d'une conférence à trois,la conclusion d'un pacte d'assistance mutuelle .La France et l'Angleterre ont attendu le 25 mai avant de faire savoir que ( des négociations pouvaient s'ouvrir ) mais c'est seulement le 14 juin que leurs représentants furent envoyées à Moscou.Ce n'est que le 24 juillet que les discussions commencèrent.Mais il fallut encore attendre le 13 aoû pour que débutent les pourparlers militaire…Pourquoi ces tergiversations ? Dans quel but ?Le chef de la mission britannique recevait des instructions sans détours pour ( limiter l'accord aux termes les plus vagues possibles ) . C'était sans équivoque une diplomatie de renoncement !Le gouvernement français s'alignait ouvertement sur cette position d'abandon .
Le Parti communiste français menait inlassablement une campagne de dénonciation de cette politique contraire aux intérêts de la France et de la paix.Il réclamait en même temps que soient prise des mesures pour anéantir la cinquième colonne.Mais Georges Bonnet ( le ministre étranger des affaire françaises ),comme le surnommait Gabriel Péri conspirait lui-même avec l'ambassadeur allemand à Paris.Ne lui,avait-il pas déclaré,le 1er juillet 1939,que le (Parti communiste français serait mis à la raison ) et que ses réunions seraient interdites ) ?
En ce mois d'août 1939,comme pour compléter cet étrange scénario,les dirigeants très antisoviétiques de la Pologne refusaient de consentir au passage des troupes soviétique sur leur territoire,en cas d'attaque allemande,alors que tout le monde considérait cette attaque imminente ! ( les blindés allemands étaient déjà massés à la frontière,près à envahir la Pologne. ) Là,sans aucune tergiversation,la France et l'Angleterre se refusaient à intervenir efficacement auprès de la Pologne !
Dans cette contradiction apparente et dans cette confusion soignesement entretenue au moins nous,militants syndicalistes et,plus encore,militants communistes,nous sentions l'ampleur et la nécessité impérieuse des efforts à développer pour aider les travailleurs et le peuple à y voir claire et à cette politique d'abandon des intérêts de la France et de la paix.La presse et la radio ne faisaient rien pour éclairer l'opinion publique.C'était,sans retenue,la désinformation systématique,outrancière.Car,ne rien dire des propositions et démarches multipliées depuis des mois par l'Union soviétique pour tenir tête à l'Allemagne et ainsi sauvegarder la paix,ne rien dire des tergiversations et des refus des représentants de la France et de la Grande-Bretagne,c'était,non seulement troquer la vérité,mais,d'une certaine façon, la falsifier .
Le pacte de non-agression germano-sovétique .
A l'évidence,il ne s'agissait pour la France et l' Angleterre que de traîner en longueur les discutions sans conclure.Est-ce pour parer à son isolement que l'URSS venait de signer avec l'Allemagne,le 23 août,un pacte de non-agression ? Ce pacte de dix ans,interdisait aux signataires de se joindre à un groupe hostile.L'explication qui nous vint à l'esprit,c'est que l'URSS cherchait ainsi un répit pour être mieux préparée à se défendre ultérieurement.Churchill trouva ce pacte normal et inévitable.
En France ,ce fut différent! Une campagne de chauvinisme et surtout d'antisoviétisme s'est déclenchée et il n'y eut aucun répit ! Une véritable hystérie.
L'opinion ainsi chauffée à blanc,peut commettre des exès.Et il y en eut.Des communistes connus ont été insultés,malmené,molestés,dans certain quartiers.Il n'aurait pas été prudent,dans les autobus de déployer l' humanité.D'ailleurs,il n'y avait pas d' Huma . Celle du 25 août avait publié les clauses de ce pacte et une déclaration du Parti communiste rappelant la politique conséquente de paix,menée jusqu'alors par Union soviétique.Il replaçait les responsabilités là où elles était,dénonçant ( le sabotage par les gouvernements anglais et français des négociations tripartites avec l'Union soviétique ).Et il revendiquait sa place ( au premier rang dans le combat contre le facisme agresseur ) . Mais,le 25 août,l' Huma et Ce Soir ont été interdits ! l' Huma du 26 août fut saisie également et il en fut ainsi dans les jours suivants : elle restera interdite pendant cinq ans!
Daladier avait empêché les communistes de s'expliquer en interdisant l' Humanité.Il restait cependant encore un journal syndical,La vie ouvrière,pour dénoncer ce qui se tramait contre les travailleurs.Dans son numéro du 21 septembre,Gaston Monmousseau,secrétaire de la CGT,écrivait : ( La lutte de la liberté contre la barbarie hitlérienne ne comporte pas seulement,pour les combattants dans les pays agressés,la notion du sol national qu'il faut à tout prix défendre contre l'oppression étrangère;elle comporte au même titre celle de la défense des libertés publiques,de la défense de la démocratie et de tout ce que celle-ci comprend de possibilités de progrès social et de libération humaine …. )
Daladier répliqua par l'interdiction de ( La VO ) .Il était alors plus facile de porter de nouveaux coups au Parti communiste,à la CGT et aux travailleurs.
Par décret du 26 septembre,la dissolution du Parti communiste était décidée et appliquée aussitôt ! La police n'avait pas attendu ce décret.Déjà des militants avaient été arrêtés auparavant,illégalement.Mais anticommunisme oblige : le dispositif policier était à coup sûr déjà près antérieurement ! Il ne se passa plus un seul jour sans arrestations.Ce fut le cas,le 29 septembre,pour René Sévi,instituteur à Gennevilliers.Puis par décret du 4 octobre 1939,les municipalités communistes furent suspendues.Trois cent dix-sept municipalités communistes étaient déjà remplacées,le 5 octobre,par des délégations spéciales composées de personnes nommées par les préfets,en général,des personnalités locales hostiles aux communistes.(Ces délégations spéciales ont duré pendant toute la guerre.) C'est le 5 octobre que les députés communistes ( qui n'étaient plus couverts par l'immunité parlementaire ) furent arrêtés.Déchus de leur mandat,emprisonnés,ils sont restés fidèle à leur parti et à la France,ce que,plus tard, Florimon Bonte rappellera en détail dans son beau livre le chemin de l'honneur-Alfred Costes et Ambroise Croizat étaient de ceux-là .
Les prisons de la Santé,de Fresnes,du Cherche-Midi n'y suffisaient plus,des camps d'internement furent ouverts,à la hâte,à Aincourt,Voves,Pithiviers , Compiègne … Dans cette folie répressive,le parc de loisirs des métallos.Baillet fut réquisitionné pour loger,entasser des militants à qui il était reproché…de ne pas accepter de renier leur passé !
LA TRAVERSEE DE LA TOURMENTE
LA RESISTANCE EN ENFER
De Roger LINET Roger LEROY Max NEVER
Edition MESSIDOR


