03.11.2009

EDF-GDF : Justice pour nos camarades !

 

« Justice pour nos camarades »

Après 
le licenciement 
de quatre agents, la CGT et les salariés d’ERDF 
et de GRDF 
de Midi-Pyrénées se mobilisent pour leur réintégration. 
Une grève a éclaté à Toulouse. Des recours aux prud’hommes seront déposés dans les jours 
qui viennent.

Rodolphe Barres, Jean Chailan, Didier Desjacques, Laurent Goudy. Trois agents d’ERDF et un de GRDF (les filiales de distribution d’EDF et de GDF Suez) de la région Midi-Pyrénées. Quatre militants CGT et aujourd’hui quatre licenciés. « Quatre vies brisées », a écrit mercredi soir, dans un communiqué, la CGT énergie. Officiellement, ces salariés ont été mis à la retraite d’office. Une sanction prise dans le cadre d’une procédure disciplinaire engagée par la direction régionale qui les accuse « d’abandon de poste » ou encore « de dégradations ».

« une direction revancharde »

Les intéressés, soutenus par leur syndicat et jeudi dernier encore par 1 500 de leurs collègues qui ont participé à un rassemblement à Toulouse, ont toujours contesté les faits. « Les dossiers sont vides. Les instructions ont été menées uniquement à charge. Alors même que la direction est censée respecter le devoir de réserve et la présomption d’innocence, elle n’a cessé de diffuser des tracts dans lesquels elle qualifiait de “voyous” nos camarades », dénonçait, la semaine dernière encore, dans nos colonnes, le coordinateur régional de la CGT, Marc Courdes. Pour le syndicaliste, les licenciés « sont des otages choisis au hasard par une direction revancharde qui n’a pas digéré notre lutte victorieuse ». En avril dernier, après plusieurs semaines de lutte, les agents de la région Midi-Pyrénées ont en effet obtenu l’abandon de l’externalisation de la maintenance du réseau de distribution de l’électricité et du gaz, épargnant par là même plusieurs centaines d’emplois. « Un camouflet » pour la direction régionale chargée d’expérimenter là un projet qui avait vocation à être appliqué nationalement. Pire, pour la direction, les agents ont obtenu l’embauche de 140 personnes.

À Toulouse, où l’annonce des quatre licenciements a fait l’effet d’une bombe, les agents d’ERDF et de GRDF étaient hier en grève. « Nous nous battrons jusqu’au bout pour que justice soit rendue à nos camarades », explique Marc Courdes. Outre des recours devant les prud’hommes, des actions immédiates, notamment des coupures ciblant des zones industrielles, étaient envisagées.Si « la répression syndicale » est particulièrement aiguë en Midi-Pyrénées ou deux autres agents sont encore menacés de licenciement, elle n’épargne pas le reste de la France. Au niveau national, ce sont 240 procédures disciplinaires qualifiées de « tribunaux d’exception » et de « procès staliniens » par le secrétaire général de la CGT énergie, Frédéric Imbrecht, qui ont été lancées. Déjà, des mises à pied ou des rétrogradations ont été prononcées.

« des sanctions inacceptables »

Les quatre licenciements ont provoqué une vive réaction du PCF, qui a accordé son soutien aux salariés concernés. Le député européen de la Gauche unitaire européenne Patrick Le Hyaric a dénoncé « des sanctions inacceptables », affirmant qu’« on licencie des salariés parce qu’ils ont voulu affirmer leurs droits et la promotion d’un service public de qualité ». À l’instar de la CGT, tous dénoncent l’attitude du gouvernement et du patronat qui « devant les résistances à leur politique, ont clairement choisi la voie de la répression ». En avril, François Fillon et plusieurs de ses ministres avaient à plusieurs reprises réclamé « des sanctions » contre les agents d’EDF et de GDF.

Pierre Henri Lab

l'Huma du 30 / 10 / 09

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