14.01.2009

La CFTC rejette l'accord UNEDIC .

Assurance chômage . La CFDT se retrouve seule à défendre un accord qui, selon l’organisme, ne ferait entrer que 70 000 précaires dans le régime.

L’étau se resserre autour de la CFDT, sur le front de l’assurance chômage. Alors que la centrale de François Chérèque a décidé la semaine dernière de signer l’accord UNEDIC négocié à la veille de Noël, tout en souhaitant « ne pas signer seule », la CFTC s’est finalement désolidarisée. À l’unanimité, le bureau confédéral de la petite centrale chrétienne, qui calque d’habitude ses positions sur la « grande soeur » CFDT, a décidé de ne pas parapher la convention proposée par le patronat. Il s’agit d’un tournant puisque c’est la première fois, depuis la création du régime d’assurance chômage, en 1958, que la CFTC rejette un accord UNEDIC.

Alors que la décision de la CFE-CGC est toujours attendue pour le 20 janvier, la CFTC a ainsi rejoint le camp de la CGT et de Force ouvrière, non-signataires, mais sur la base d’une argumentation moins offensive. Pour justifier leur rejet du texte, CGT et FO ont en effet insisté sur leur opposition à la baisse des cotisations dès juillet prochain, mais aussi sur le fait que les améliorations apportées à la couverture chômage des précaires, volontairement gonflées par la CFDT, étaient largement compensées par des baisses de durées d’indemnisation pour d’autres catégories de chômeurs. Soucieuse de ménager la CFDT, la CFTC a soigneusement évité ce sujet. Elle se contente de critiquer le caractère automatique de la baisse des cotisations et de déplorer une amélioration « insuffisante » de la couverture chômage, « pas à la hauteur de la crise ». Elle renvoie la balle au gouvernement, à qui elle demande d’exiger une renégociation de l’accord. Hypothèse désormais envisageable puisque Laurent Wauquiez, secrétaire d’État à l’emploi, a déclaré la semaine dernière que le gouvernement se prononcerait en fonction de la CFTC et de la CGC, souhaitant le plus grand nombre de signatures possible.

Second camouflet pour la CFDT, la CGT a enfin obtenu de l’UNEDIC des estimations de l’application du projet d’accord qui donnerait droit à une allocation dès quatre mois de travail contre six aujourd’hui et instaurerait la règle d’« un jour travaillé, un jour indemnisé ». Alors que la CFDT clame dans tous les médias que « sa » réforme ferait entrer jusqu’à 300 000 précaires dans le régime d’assurance chômage au prix d’une dépense supplémentaire d’au moins 1 milliard d’euros par an, les chiffrages de l’UNEDIC sont venus doucher ce beau discours. Pour l’année 2007, les nouvelles règles auraient permis d’intégrer seulement 70 000 précaires dans le régime, largement compensés par des sorties anticipées d’autres chômeurs. En moyenne sur l’année, l’effectif journalier de chômeurs indemnisés aurait augmenté de seulement 16 000 personnes, pour un surcoût de 80 millions d’euros. Même en ajoutant les 45 millions d’euros d’amélioration de la convention de reclassement personnalisé, les chiffrages aboutissent péniblement à une dépense supplémentaire annuelle de 125 millions d’euros en faveur des chômeurs. De quoi accuser la CFDT de publicité mensongère.

Fanny Doumayrou

l'Huma du 13 / 01 / 09

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