30.12.2008

Blabla de zinc ( C H I M U L U S )

blabla de zinc
lundi 29 décembre 2008 - De : chimulus

Grande misère de l'hopital public


hopital5sz.jpgUn homme victime samedi soir d'un malaise cardiaque, à Massy dans l'Essonne, n'a pu être accueilli pendant six heures, faute de place, dans un service de réanimation hospitalier et est décédé alors qu'il allait enfin y être admis. Il parait que l'hopital coûte trop cher qu'il est mal organisé (comprendre pas rentable). Alors la droite, (Mattéï, Bertrand, Bachelot) font des réformes, "hopital 2007", "hopital 2012"... essentiellement pour faire des économies. La grande majorité des medecins dénoncent ses réformes qui ont pour vocation de faire des hopitaux publics des centres de profits, au détriment de la santé des malades. Alors aujourd'hui qu'un homme est mort parce que la droite ne permet plus à l'hopital d'effectuer ses missions, Monsieur Bertrand, Et Madame Bachelot, vous allez dire quoi à la famille du défunt ? Et dîtes moi, dans vos calculs, ça vaut combien la vie d'un homme ?

Communiqué du Mouvement des Jeunes Communistes de France ( MJCF )


Halte à l’ agression israélienne à Gaza - Solidarité avec le peuple palestinien !

Depuis le 27 décembre, Israël a mis ses menaces à exécution, huit jours après l’expiration de la trêve avec le Hamas, en menant dans la bande de Gaza des bombardements aériens. Lundi les pertes s’élevaient à 312 tués et 1.420 blessés.

29.12.2008

Un trac national du P.C.F : Halte à l'agression israélienne à Gaza Solidarité avec le peuple palestinien .

lundi 29 décembre 2008 (21h30)

 

Pour info, ce tract est à diffusion de toutes les fédérations PCF de France depuis ce matin. Les communistes sont partie prenante ou à l’initiative de multiples rassemblements ou mobilisations dans les départements.

Halte à l’ agression israélienne à Gaza Solidarité avec le peuple palestinien

L’horreur, jusqu’où?

L’ offensive militaire israélienne à Gaza, d’ une violence jamais vue, suscite une très grande émotion et une indignation légitime. C’ est une punition collective particulièrement meurtrière, un crime de guerre selon la 4ème Convention de Genève, qui est perpétré contre le peuple palestinien ! Personne ne peut croire que cette agression dévastatrice pourrait – comme le prétendent les dirigeants israéliens – conduire au rétablissement de la sécurité. Au contraire, en agissant ainsi les autorités israéliennes choisissent l’escalade. Jusqu’où ?

Un blocus contre le peuple palestinien

Quelles sont les vraies causes de cette crise dramatique ? Le peuple de Gaza étouffe depuis des mois sous un blocus économique, un véritable siège, aux conséquences sociales terribles. Plus de 50% des habitants de la Bande de Gaza sont au chômage. Sans eau, sans électricité, sans ravitaillement normal en denrées de base, la vie quotidienne est devenue un enfer. Aucun peuple ne pourrait supporter un tel traitement et une telle volonté d’ écrasement et d’ humiliation.

Tout le peuple palestinien, en Cisjordanie comme à Gaza, est visé par cette politique inhumaine qui accompagne un processus de colonisation permanent des terres palestiniennes, avec la construction d’un mur d’ annexion qui coupe des villages, détruit des cultures, ruine des familles…

Les résolutions de l’ ONU doivent être appliquées

Toutes les conditions d’ une crise majeure ont été ainsi entretenues durant des mois par Israël dans le mépris affirmé des résolutions des Nations-Unies et du droit international. Le gouvernement israélien n’ a respecté aucun des engagements pris depuis des années en sabordant le processus de paix lancé au début des années 90, en refusant l’ initiative de paix arabe. La tragédie d’ aujourd’hui est le fruit de cette stratégie et du soutien que les Européens , dont la France, et les Etats-Unis ont généreusement octroyé à Israël. Nicolas Sarkozy est même allé très récemment jusqu’à encourager le gouvernement de Tel Aviv en rehaussant le statut d’ Israël dans son association avec l’ Union européenne !

Ça suffit ! Halte aux bombardements !

L’ agression israélienne doit cesser immédiatement. Les autorités françaises et européennes doivent exiger d’ Israël l’ arrêt des opérations militaires, la levée du blocus de Gaza, le retour à la négociation, l’ application des résolutions des Nations-Unies pour un règlement garantissant notamment le retrait des territoires occupés, le démantèlement des colonies et du mur. L’ accord d’ Association Union européenne/Israël doit être suspendu, comme l’avait demandé le Parlement européen il y a déjà quelques années, tant qu’ Israël ne s’ engage pas clairement dans cette voie.

La sécurité ne peut se construire que dans la justice et le respect du droit

La sécurité pour tous – Israéliens et Palestiniens – ne peut se construire que dans la justice et le respect du droit dans la perspective d’un règlement politique.

Le PCF appelle toutes les forces attachées à une paix véritable à s’ exprimer et agir dans cet esprit, à s’ engager ensemble pour la justice, dans la solidarité avec le peuple palestinien.

Le PCF appelle à participer nombreux à la manifestation organisée SAMEDI 3 JANVIER, à 15h, à Paris, de la République jusqu’à l’Ambassade d’Israël

De : PCF
lundi 29 décembre 2008

site Bellaciao

Carnage à Gaza,les civiles pris pour cibles .

PALESTINE . Par crainte de représailles israéliennes, Zoher préfère taire son nom. De son village d’Abassane, à Gaza, il témoigne des assauts aériens qui tuent sans discernement.

« Samedi vers 11 heures du matin, les enfants sortaient de l’école. On était dans les rues du quartier. On entendait les bombardements de plus en plus intenses. Peu après, on a reçu des informations selon lesquelles les infrastructures du Hamas mais aussi de la police étaient visées. Les enfants qui sortaient des écoles étaient littéralement morts de peur. Ils se mettaient à crier, à pleurer. Les femmes sortaient des maisons en criant elles aussi. Elles couraient dans les rues pour chercher leurs enfants. C’est une nouvelle catastrophe, comme à Deir Yassine (massacre perpétré par les forces sionistes qui a fait près de 120 morts en avril 1948 dans un village près de Jérusalem - NDLR), comme à Beyrouth en 1982. Ce qui se passe est incroyable. Vous ne pouvez pas l’imaginer. C’est contre l’humanité. Ils bombardent sans réfléchir. Ils disent qu’ils ne bombardent pas les civils, mais ce n’est pas vrai. Aujourd’hui, dimanche, et la nuit précédente, ils n’ont pas arrêté. Ce matin, à Rafah, ils ont même bombardé un hangar où étaient entreposés des médicaments. J’ai vu les flammes qui embrasaient le bâtiment. Ce n’est pas militaire, c’est civil. Il n’y avait pas de roquettes à l’intérieur. Ils ont tapé un camion-citerne, rempli de produits inflammables. À Gaza, vous le savez, ce n’est pas comme chez vous en France ou dans d’autres pays européens. Nous n’avons pas de matériel pour éteindre les incendies. En explosant, le camion a mis le feu aux maisons alentour et il y a eu de nombreux blessés. J’ai entendu à la radio que les Israéliens affirment qu’ils ne tuent que les gens du Hamas. Ce n’est pas vrai. Ils frappent n’importe quoi, dès que quelque chose bouge. »

« Avant les bombardements il y avait un cessez-le-feu entre le Hamas et les Israéliens. Les Israéliens n’ont pas arrêté de bombarder et de tuer des Palestiniens. Quarante-neuf Palestiniens, dont sept enfants, ont été tués en Cisjordanie et dans la bande de Gaza pendant ces six mois de trêve. Que pouvons-nous faire ? C’est toujours la même chose. Quand la violence s’arrête de notre côté, c’est bien pour les Israéliens, mais nous, on ne gagne rien, si ce n’est des morts supplémentaires. »

« Je ne suis pas Hamas, je n’ai pas voté Hamas. Mais je suis palestinien. Le Hamas a observé une trêve pendant six mois et qu’est-ce qu’il a gagné ? Rien. Même si je ne suis pas Hamas, il faut dire la vérité. Ce sont les Israéliens qui sont gagnants. Pendant le cessez-le-feu on a continué à subir le blocus. On n’a pas de gaz, pas d’électricité, pas de médicaments. Les passages entre la bande de Gaza et le reste du monde sont fermés. Nous sommes dans une grande prison. Nous ne sommes même pas dans un présent. C’est moins que ça. Dans le présent tu peux manger, tu peux te laver, tu peux sortir. On n’a rien. Gaza est une place fermée, bloquée. On est encerclé par les Israéliens. On n’a aucune issue. Même la mer, on n’y a pas accès. Elle est fermée devant nous. Il n’y a rien. Gaza c’est une terre morte. C’est une place morte. Si les pays du monde ne trouvent pas de places pour leurs morts, ils peuvent les mettre ici, à Gaza. J’ai vécu à l’étranger, dans plusieurs pays, mais je n’ai jamais vu ça. C’est une vie dure. Même en Afrique tu ne trouves pas ça. »

« c’est notre terre. NOUS RéSISTONs »

« Les gouvernements européens savent pourtant bien ce que veut dire “droits de l’homme”, “liberté”, “humanité”. Ils n’arrêtent pas d’en parler. Ils savent ce que veut dire “enfant”, ce que veut dire “femme”, “homme”. Mais je ne pense pas qu’ils vont faire quelque chose. Mais peut-être que si leurs peuples manifestent ils vont bouger un peu. Qu’on nous aide au moins à laisser entrer la farine pour manger, le blé pour faire le pain. »

« Le problème est que les autres pays, européens ou arabes, ne font rien. Il faut qu’ils interviennent. Ce n’est pas une guerre contre une autre force militaire, c’est une guerre contre l’humanité. Qu’est-ce qu’il y a à Gaza ? Des missiles produits localement. Rien à voir avec les avions F-16 et les missiles israéliens. C’est une guerre contre les civils. C’est interdit par les lois internationales. Barak dit qu’il va continuer son attaque sur Gaza, par terre et par air. Mais si je regarde autour de moi, dans mon village, dans mon quartier, je vois que les hommes n’ont pas peur bien qu’il y ait une grande différence entre l’armée israélienne et notre résistance. Nous n’avons pas peur parce que c’est notre pays, c’est notre terre. Nous résistons. »

Propos recueillis par Pierre Barbancey

l'Huma du 29 / 12 / 08

Halte à l'agression israélienne à Gaza .

 

Solidarité avec le peuple palestinien

L'horreur, jusqu'où?

L’ offensive militaire israélienne à Gaza, d’ une violence jamais vue, suscite une très grande émotion et une indignation légitime. C’ est une punition collective particulièrement meurtrière, un crime de guerre selon la 4ème Convention de Genève, qui est perpétré contre le peuple palestinien ! Personne ne peut croire que cette agression dévastatrice pourrait – comme le prétendent les dirigeants israéliens – conduire au rétablissement de la sécurité. Au contraire, en agissant ainsi les autorités israéliennes choisissent l’escalade. Jusqu’où ?

Un blocus contre le peuple palestinien

Quelles sont les vraies causes de cette crise dramatique ? Le peuple de Gaza étouffe depuis des mois sous un blocus économique, un véritable siège, aux conséquences sociales terribles. Plus de 50% des habitants de la Bande de Gaza sont au chômage. Sans eau, sans électricité, sans ravitaillement normal en denrées de base, la vie quotidienne est devenue un enfer. Aucun peuple ne pourrait supporter un tel traitement et une telle volonté d’ écrasement et d’ humiliation.

Tout le peuple palestinien, en Cisjordanie comme à Gaza, est visé par cette politique inhumaine qui accompagne un processus de colonisation permanent des terres palestiniennes, avec la construction d’un mur d’ annexion qui coupe des villages, détruit des cultures, ruine des familles…

Les résolutions de l’ ONU doivent être appliquées.

Toutes les conditions d’ une crise majeure ont été ainsi entretenues durant des mois par Israël dans le mépris affirmé des résolutions des Nations-Unies et du droit international. Le gouvernement israélien n’ a respecté aucun des engagements pris depuis des années en sabordant le processus de paix lancé au début des années 90, en refusant l’ initiative de paix arabe. La tragédie d’ aujourd’hui est le fruit de cette stratégie et du soutien que les Européens , dont la France, et les Etats-Unis ont généreusement octroyé à Israël. Nicolas Sarkozy est même allé très récemment jusqu’à encourager le gouvernement de Tel Aviv en rehaussant le statut d’ Israël dans son association avec l’ Union européenne !

Ça suffit ! Halte aux bombardements !

L’ agression israélienne doit cesser immédiatement. Les autorités françaises et européennes doivent exiger d’ Israël l’ arrêt des opérations militaires, la levée du blocus de Gaza, le retour à la négociation, l’ application des résolutions des Nations-Unies pour un règlement garantissant notamment le retrait des territoires occupés, le démantèlement des colonies et du mur. L’ accord d’ Association Union européenne/Israël doit être suspendu, comme l’avait demandé le Parlement européen il y a déjà quelques années, tant qu’ Israël ne s’ engage pas clairement dans cette voie.

La sécurité ne peut se construire que dans la justice et le respect du droit

La sécurité pour tous – Israéliens et Palestiniens – ne peut se construire que dans la justice et le respect du droit dans la perspective d’un règlement politique. Le PCF appelle toutes les forces attachées à une paix véritable à s’ exprimer et agir dans cet esprit, à s’ engager ensemble pour la justice, dans la solidarité avec le peuple palestinien.

28.12.2008

LE PARTI COMMUNISTE D'ISRAËL CONDAMNE LES ATTAQUE.....

Le Parti communiste d’Israël condamne les attaques meurtrières contre Gaza et appelle à la mobilisation
dimanche 28 décembre 2008 (20h45)

 

Le Parti communiste d’Israël condamne les attaques meurtrières contre Gaza et appelle à la mobilisation internationale

Le Parti communiste d’Israël et Hadash (Front démocratique pour la paix et l’égalité) condamne l’attaque meurtrière d’aujourd’hui par l’armée de l’air israélienne contre la bande de Gaza qui s’est soldée par la mort de 150 Palestiniens. Le PCI appelle les partis communistes et ouvriers, et les mouvements sociaux du monde entier à se mobiliser contre ces crimes contre l’humanité commis par Israël. Il demande que la communauté internationale prenne des sanctions contre Israël, et inculpe Tzipi Livni, Ehud Barak et les autres responsables politiques et militaires israéliens pour ces crimes de guerre flagrants, commis dans le cadre du processus électoral en Israël.

Les attaques militaires d’Israël d’aujourd’hui font partie du siège de la bande de Gaza. Israël exploite les derniers moments de l’administration Bush pour accomplir sa politique impérialiste meurtrière mais inefficace d’utilisation de la force militaire pour obtenir un changement politique. Des manifestations contre les attaques israéliennes dans la bande de Gaza sont prévues dans les principales villes d’Israël, et des manifestations auront lieu ce soir à Tel Aviv, Haïfa et Nazareth. Hier (vendredi), des centaines de manifestants ont participé à un rassemblement dans le centre de Tel Aviv pour protester contre l’opération militaire israélienne prévue en réponse aux tirs de missiles palestiniens depuis Gaza. Ce rassemblement était organisé par la Coalition contre le siège de Gaza et Hadash (Front démocratique pour la paix et l’égalité- Parti Communiste d’Israël).

« Je propose que nous prenions l’autre direction », a dit le membre de Hadash à la Knesset Dov Khenin, dirigeant du Parti communiste d’Israël. « Notre pouvoir est notre tragédie. Une attaque victorieuse ne résoudra rien. Ils répondront par des roquettes, et nous finirons par nous embarquer dans une guerre totale. Prendre l’autre direction implique de renforcer l’accalmie, de sécuriser le cessez-le-feu, et de lever le siège qui n’a d’autre conséquence que de renforcer l’unité de la population autour du Hamas. »

« Un véritable processus de paix doit être engagé avec l’Autorité palestinienne, dirigée par Abbas » a-t-il dit. « Ce qui est tragique, c’est que c’est possible. Nous avons juste besoin de la volonté. »

Khenin a ajouté qu’il était « essentiel d’organiser un échange de prisonnier qui inclurait  Gilad Shalit. » Quand on lui a demandé pourquoi de moins en moins d’Israéliens étaient contre la guerre à Gaza, il a répondu  :  « Les gens ont perdu espoir. Ils réalisent que ce qui se passe est mauvais, mais ils pensent qu’il n’y a pas d’autre solution. Cependant, nous ne sommes pas destinés à être victimes de l’histoire. » Un autre participant au rassemblement, l’ancien membre de la Knesset Tamar Gozansky, a dit  : « Il y a deux ans, nous manifestations au même endroit, avant la deuxième guerre du Liban. Nous étions marginalisés et on nous traitait de traîtres. Cependant, quelques mois plus tard, tous les gens qui s’étaient moqués de nous sont venus avec leurs propres revendications Square Rabin pour protester contre la politique de Olmert. J’espère réellement que nous n’aurons pas de nouveau à leur dire  : « Nous vous avions prévenus ». Dans une autre déclaration un peu plus tôt, Khevin a dit  : « Une guerre généralisée contre Gaza est dangereuse et n’est pas nécessaire. Elle mettra en danger des milliers de vies des habitants de Gaza et des habitants de l’ouest du Negev ». « La guerre n’est pas une solution au problème des roquettes Kassam » a-t-il ajouté. « Il y a une autre voie  : un réel accord pour une trêve. Pas juste un cessez-le-feu, mais également la fin du blocus de Gaza et l’arrêt de l’extrême souffrance d’un million et demi de personnes. »

27 décembre 2008

traduction de l’anglais : Caroline ANDREANI

Source : site du PCI

De : <font color=”red”>le Rouge-gorge</font>
dimanche 28 décembre 2008

site Bellaciao

Etat de guerre à Gaza .

• La communauté internationale appelle à un cessez-le-feu • La réaction de Leïla Chahid • Manifestations pour Gaza à travers le monde

Déconstruction d'une histoire mythique : Comment fut inventé le peuple juif .

 

Déconstruction d’une histoire mythique: Comment fut inventé le peuple juif

 

Dimanche 28 Décembre 2008

 

Les Juifs forment-ils un peuple ? À cette question ancienne, un historien israélien (Shlomo Sand) apporte une réponse nouvelle. ( Le Monde Diplomatique )

 

Déconstruction d’une histoire mythique: Comment fut inventé le peuple juif

 

 

Contrairement à l’idée reçue, la diaspora ne naquit pas de l’expulsion des Hébreux de Palestine, mais de conversions successives en Afrique du Nord, en Europe du Sud et au Proche-Orient. Voilà qui ébranle un des fondements de la pensée sioniste, celui qui voudrait que les Juifs soient les descendants du royaume de David et non – à Dieu ne plaise ! – les héritiers de guerriers berbères ou de cavaliers khazars.

Tout Israélien sait, sans l’ombre d’un doute, que le peuple juif existe depuis qu’il a reçu la Torah (1) dans le Sinaï, et qu’il en est le descendant direct et exclusif. Chacun se persuade que ce peuple, sorti d’Egypte, s’est fixé sur la « terre promise », où fut édifié le glorieux royaume de David et de Salomon, partagé ensuite en royaumes de Juda et d’Israël. De même, nul n’ignore qu’il a connu l’exil à deux reprises : après la destruction du premier temple, au VIe siècle avant J.-C., puis à la suite de celle du second temple, en l’an 70 après J.C.


 

S’ensuivit pour lui une errance de près de deux mille ans : ses tribulations le menèrent au Yémen, au Maroc, en Espagne, en Allemagne, en Pologne et jusqu’au fin fond de la Russie, mais il parvint toujours à préserver les liens du sang entre ses communautés éloignées. Ainsi, son unicité ne fut pas altérée. À la fin du XIXe siècle, les conditions mûrirent pour son retour dans l’antique patrie. Sans le génocide nazi, des millions de Juifs auraient naturellement repeuplé Eretz Israël (« la terre d’Israël ») puisqu’ils en rêvaient depuis vingt siècles.

Vierge, la Palestine attendait que son peuple originel vienne la faire refleurir. Car elle lui appartenait, et non à cette minorité arabe, dépourvue d’histoire, arrivée là par hasard. Justes étaient donc les guerres menées par le peuple errant pour reprendre possession de sa terre ; et criminelle l’opposition violente de la population locale.

D’où vient cette interprétation de l’histoire juive ? Elle est l’œuvre, depuis la seconde moitié du XIXe siècle, de talentueux reconstructeurs du passé, dont l’imagination fertile a inventé, sur la base de morceaux de mémoire religieuse, juive et chrétienne, un enchaînement généalogique continu pour le peuple juif. L’abondante historiographie du judaïsme comporte, certes, une pluralité d’approches. Mais les polémiques en son sein n’ont jamais remis en cause les conceptions essentialistes élaborées principalement à la fin du XIXe siècle et au début du XXe.

Lorsque apparaissaient des découvertes susceptibles de contredire l’image du passé linéaire, elles ne bénéficiaient quasiment d’aucun écho. L’impératif national, telle une mâchoire solidement refermée, bloquait toute espèce de contradiction et de déviation par rapport au récit dominant. Les instances spécifiques de production de la connaissance sur le passé juif — les départements exclusivement consacrés à l’« histoire du peuple juif », séparés des départements d’histoire (appelée en Israël « histoire générale ») — ont largement contribué à cette curieuse hémiplégie. Même le débat, de caractère juridique, sur « qui est juif ? » n’a pas préoccupé ces historiens : pour eux, est juif tout descendant du peuple contraint à l’exil il y a deux mille ans.

Ces chercheurs « autorisés » du passé ne participèrent pas non plus à la controverse des « nouveaux historiens », engagée à la fin des années 1980. La plupart des acteurs de ce débat public, en nombre limité, venaient d’autres disciplines ou bien d’horizons extra-universitaires : sociologues, orientalistes, linguistes, géographes, spécialistes en science politique, chercheurs en littérature, archéologues formulèrent des réflexions nouvelles sur le passé juif et sioniste. On comptait également dans leurs rangs des diplômés venus de l’étranger. Des « départements d’histoire juive » ne parvinrent, en revanche, que des échos craintifs et conservateurs, enrobés d’une rhétorique apologétique à base d’idées reçues.

Le judaïsme, religion prosélyte

Bref, en soixante ans, l’histoire nationale a très peu mûri, et elle n’évoluera vraisemblablement pas à brève échéance. Pourtant, les faits mis au jour par les recherches posent à tout historien honnête des questions surprenantes au premier abord, mais néanmoins fondamentales.

La Bible peut-elle être considérée comme un livre d’histoire ? Les premiers historiens juifs modernes, comme Isaak Markus Jost ou Leopold Zunz, dans la première moitié du XIXe siècle, ne la percevaient pas ainsi : à leurs yeux, l’Ancien Testament se présentait comme un livre de théologie constitutif des communautés religieuses juives après la destruction du premier temple. Il a fallu attendre la seconde moitié du même siècle pour trouver des historiens, en premier lieu Heinrich Graetz, porteurs d’une vision « nationale » de la Bible : ils ont transformé le départ d’Abraham pour Canaan, la sortie d’Egypte ou encore le royaume unifié de David et Salomon en récits d’un passé authentiquement national. Les historiens sionistes n’ont cessé, depuis, de réitérer ces « vérités bibliques », devenues nourriture quotidienne de l’éducation nationale.

Mais voilà qu’au cours des années 1980 la terre tremble, ébranlant ces mythes fondateurs. Les découvertes de la « nouvelle archéologie » contredisent la possibilité d’un grand exode au XIIIe siècle avant notre ère. De même, Moïse n’a pas pu faire sortir les Hébreux d’Egypte et les conduire vers la « terre promise » pour la bonne raison qu’à l’époque celle-ci… était aux mains des Egyptiens. On ne trouve d’ailleurs aucune trace d’une révolte d’esclaves dans l’empire des pharaons, ni d’une conquête rapide du pays de Canaan par un élément étranger.

Il n’existe pas non plus de signe ou de souvenir du somptueux royaume de David et de Salomon. Les découvertes de la décennie écoulée montrent l’existence, à l’époque, de deux petits royaumes : Israël, le plus puissant, et Juda, la future Judée. Les habitants de cette dernière ne subirent pas non plus d’exil au VIe siècle avant notre ère : seules ses élites politiques et intellectuelles durent s’installer à Babylone. De cette rencontre décisive avec les cultes perses naîtra le monothéisme juif.

L’exil de l’an 70 de notre ère a-t-il, lui, effectivement eu lieu ? Paradoxalement, cet « événement fondateur » dans l’histoire des Juifs, d’où la diaspora tire son origine, n’a pas donné lieu au moindre ouvrage de recherche. Et pour une raison bien prosaïque : les Romains n’ont jamais exilé de peuple sur tout le flanc oriental de la Méditerranée. À l’exception des prisonniers réduits en esclavage, les habitants de Judée continuèrent de vivre sur leurs terres, même après la destruction du second temple.

Une partie d’entre eux se convertit au christianisme au IVe siècle, tandis que la grande majorité se rallia à l’islam lors de la conquête arabe au VIIe siècle. La plupart des penseurs sionistes n’en ignoraient rien : ainsi, Yitzhak Ben Zvi, futur président de l’État d’Israël, tout comme David Ben Gourion, fondateur de l’État, l’ont-ils écrit jusqu’en 1929, année de la grande révolte palestinienne. Tous deux mentionnent à plusieurs reprises le fait que les paysans de Palestine sont les descendants des habitants de l’antique Judée (2).

À défaut d’un exil depuis la Palestine romanisée, d’où viennent les nombreux Juifs qui peuplent le pourtour de la Méditerranée dès l’Antiquité ? Derrière le rideau de l’historiographie nationale se cache une étonnante réalité historique. De la révolte des Maccabées, au IIe siècle avant notre ère, à la révolte de Bar-Kokhba, au IIe siècle après J.-C, le judaïsme fut la première religion prosélyte. Les Asmonéens avaient déjà converti de force les Iduméens du sud de la Judée et les Ituréens de Galilée, annexés au « peuple d’Israël ». Partant de ce royaume judéo-hellénique, le judaïsme essaima dans tout le Proche-Orient et sur le pourtour méditerranéen. Au premier siècle de notre ère apparut, dans l’actuel Kurdistan, le royaume juif d’Adiabène, qui ne sera pas le dernier royaume à se « judaïser » : d’autres en feront autant par la suite.

Les écrits de Flavius Josèphe ne constituent pas le seul témoignage de l’ardeur prosélyte des Juifs. D’Horace à Sénèque, de Juvénal à Tacite, bien des écrivains latins en expriment la crainte. La Mishna et le Talmud (3) autorisent cette pratique de la conversion — même si, face à la pression montante du christianisme, les sages de la tradition talmudique exprimeront des réserves à son sujet.

La victoire de la religion de Jésus, au début du IVe siècle, ne met pas fin à l’expansion du judaïsme, mais elle repousse le prosélytisme juif aux marges du monde culturel chrétien. Au Ve siècle apparaît ainsi, à l’emplacement de l’actuel Yémen, un royaume juif vigoureux du nom de Himyar, dont les descendants conserveront leur foi après la victoire de l’islam et jusqu’aux temps modernes. De même, les chroniqueurs arabes nous apprennent l’existence, au VIIe siècle, de tribus berbères judaïsées : face à la poussée arabe, qui atteint l’Afrique du Nord à la fin de ce même siècle, apparaît la figure légendaire de la reine juive Dihya el-Kahina, qui tenta de l’enrayer. Des Berbères judaïsés vont prendre part à la conquête de la péninsule Ibérique, et y poser les fondements de la symbiose particulière entre juifs et musulmans, caractéristique de la culture hispano-arabe.

La conversion de masse la plus significative survient entre la mer Noire et la mer Caspienne : elle concerne l’immense royaume khazar, au VIIIe siècle. L’expansion du judaïsme, du Caucase à l’Ukraine actuelle, engendre de multiples communautés, que les invasions mongoles du XIIIe siècle refoulent en nombre vers l’est de l’Europe. Là, avec les Juifs venus des régions slaves du Sud et des actuels territoires allemands, elles poseront les bases de la grande culture yiddish (4).

Ces récits des origines plurielles des Juifs figurent, de façon plus ou moins hésitante, dans l’historiographie sioniste jusque vers les années 1960 ; ils sont ensuite progressivement marginalisés avant de disparaître de la mémoire publique en Israël. Les conquérants de la cité de David, en 1967, se devaient d’être les descendants directs de son royaume mythique et non — à Dieu ne plaise ! — les héritiers de guerriers berbères ou de cavaliers khazars. Les Juifs font alors figure d’« ethnos » spécifique qui, après deux mille ans d’exil et d’errance, a fini par revenir à Jérusalem, sa capitale.

Les tenants de ce récit linéaire et indivisible ne mobilisent pas uniquement l’enseignement de l’histoire : ils convoquent également la biologie. Depuis les années 1970, en Israël, une succession de recherches « scientifiques » s’efforce de démontrer, par tous les moyens, la proximité génétique des Juifs du monde entier. La « recherche sur les origines des populations » représente désormais un champ légitimé et populaire de la biologie moléculaire, tandis que le chromosome Y mâle s’est offert une place d’honneur aux côtés d’une Clio juive (5) dans une quête effrénée de l’unicité d’origine du « peuple élu ».

Cette conception historique constitue la base de la politique identitaire de l’État d’Israël, et c’est bien là que le bât blesse ! Elle donne en effet lieu à une définition essentialiste et ethnocentriste du judaïsme, alimentant une ségrégation qui maintient à l’écart les Juifs des non-Juifs — Arabes comme immigrants russes ou travailleurs immigrés.

Israël, soixante ans après sa fondation, refuse de se concevoir comme une république existant pour ses citoyens. Près d’un quart d’entre eux ne sont pas considérés comme des Juifs et, selon l’esprit de ses lois, cet État n’est pas le leur. En revanche, Israël se présente toujours comme l’État des Juifs du monde entier, même s’il ne s’agit plus de réfugiés persécutés, mais de citoyens de plein droit vivant en pleine égalité dans les pays où ils résident. Autrement dit, une ethnocratie sans frontières justifie la sévère discrimination qu’elle pratique à l’encontre d’une partie de ses citoyens en invoquant le mythe de la nation éternelle, reconstituée pour se rassembler sur la « terre de ses ancêtres ».

Écrire une histoire juive nouvelle, par-delà le prisme sioniste, n’est donc pas chose aisée. La lumière qui s’y brise se transforme en couleurs ethnocentristes appuyées. Or les Juifs ont toujours formé des communautés religieuses constituées, le plus souvent par conversion, dans diverses régions du monde : elles ne représentent donc pas un « ethnos » porteur d’une même origine unique et qui se serait déplacé au fil d’une errance de vingt siècles.

Le développement de toute historiographie comme, plus généralement, le processus de la modernité passent un temps, on le sait, par l’invention de la nation. Celle-ci occupa des millions d’êtres humains au XIXe siècle et durant une partie du XXe. La fin de ce dernier a vu ces rêves commencer à se briser. Des chercheurs, en nombre croissant, analysent, dissèquent et déconstruisent les grands récits nationaux, et notamment les mythes de l’origine commune chers aux chroniques du passé. Les cauchemars identitaires d’hier feront place, demain, à d’autres rêves d’identité. À l’instar de toute personnalité faite d’identités fluides et variées, l’histoire est, elle aussi, une identité en mouvement.

Signé : Shlomo Sand

NOTES :

(1) Texte fondateur du judaïsme, la Torah — la racine hébraïque yara signifie enseigner — se compose des cinq premiers livres de la Bible, ou Pentateuque : Genèse, Exode, Lévitique, Nombres et Deutéronome.

(2) Cf. David Ben Gourion et Yitzhak Ben Zvi, « Eretz Israël » dans le passé et dans le présent (1918, en yiddish), Jérusalem, 1980 (en hébreu) et Ben Zvi, Notre population dans le pays (en hébreu), Varsovie, Comité exécutif de l’Union de la jeunesse et Fonds national juif, 1929.

(3) La Mishna, considérée comme le premier ouvrage de littérature rabbinique, a été achevée au IIe siècle de notre ère. Le Talmud synthétise l’ensemble des débats rabbiniques concernant la loi, les coutumes et l’histoire des Juifs. Il y a deux Talmud : celui de Palestine, écrit entre le IIIe et le Ve siècle, et celui de Babylone, achevé à la fin du Ve siècle.

(4) Parlé par les Juifs d’Europe orientale, le yiddish est une langue slavo-allemande comprenant des mots issus de l’hébreu.

(5) Dans la mythologie grecque, Clio était la muse de l’Histoire.

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MASSACRE EN PALESTINE

 


 

 

 

La réaction de Leïla Chahid

palestinemassacre.jpgLa déléguée générale palestinienne auprès de l’Union Européenne, Leïla Chahid, a accusé samedi Israël de commettre un “crime de guerre” à Gaza et reproché à la communauté internationale d’avoir “laissé tomber la population palestinienne”.

“Rien ne justifie le bombardement d’une population civile d’un million et demi de personnes qui vivent sur 356 km2, et dire qu’on est en train de bombarder les combattants du Hamas c’est du non-sens”, a déclaré Mme Chahid interrogée sur la radio France Info.

“On est en train de bombarder une population civile, qui est déjà assiégée depuis plusieurs mois (…) C’est un crime de guerre, fondamentalement”, a-t-elle ajouté.

“C’est une population civile à qui on impose un châtiment collectif”, a poursuivi Mme Chahid, pour qui les civils palestiniens “n’ont pas les moyens politiques, militaires ni même physiques de s’opposer au Hamas”.

Israël a lancé samedi une série de raids aériens sur la bande de Gaza qui ont fait près de 200 morts, selon des sources palestiniennes. Cette opération intervient en représailles aux tirs de roquettes des combattants islamistes du Hamas sur le sud d’Israël.

Mme Chahid a critiqué la “démission (…) de toutes les parties internationales”.

“Le Conseil de sécurité de l’Onu, l’Union européenne et les Etats arabes, qui ont la responsabilité de l’application du droit, ont abandonné les Palestiniens”, a-t-elle dit, pointant “l’énorme responsabilité de l’UE et de la France qui la préside”.

Source AFP

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