LES DÉGÂTS DE L’EAU EN BOUTEILLE SUR LA PLANETE La consommation mondiale d’eau en bouteille explose, et avec la consommation de pétrole qui sert à les fabriquer. Notre analyse des conséquences écologiques et humaines de cette production.
CONGRES DE VERSAILLES : UN ÉCHEC POUR SARKOZY ? Lundi 21 juillet, les députés et les sénateurs se réuniront à Versailles pour voter ou pas la révision de la constitution. Décryptage de la réforme.
Et aussi…
LA RÉVOLTE DES NIPPONS Connu pour son calme social, le Japon voit ses précaires (de plus en plus nombreux) se révolter contre leurs conditions de travail. Notre reportage à Tokyo.
SANS-PAPIERS : LA LUTTE CONTINUE ! En faisant grève, plus de 650 travailleurs sans-papiers ont obtenu leur régularisation. Mais le combat est loin d’être fini.
TOMMIE SMITH : « UN CRI POUR LA LIBERTÉ » En, 1968, il leva son poing ganté de noir pour se révolter contre les inégalités raciales aux États-Unis. Aujourd’hui à 64 ans, il incarne toujours une certaine vision du sport. Rencontre.
LANCEY : LE COMBAT POUR GARDER SON EMPLOI La fabrique de papier de l’Isère risquent la fermeture dans le cas où aucun repreneur ne se faisait connaître. 198 ouvriers se retrouveraient sur le carreau. Notre reportage.
UNE POIGNÉE DE MAIN SANS LA PAIX Histoire. Sous la présidence de Jimmy Carter, Israël et l’Égypte signent les accords de paix de Camp David. Mais la paix et l’état palestinien devront attendre.
PARLEMENT : LA RAFALE ANTI-SOCIALE DE JUILLET Le Gouvernement profite de la période estivale pour faire passer toute réforme controversée en évitant toute mobilisation.
FÊTE DE L’HUMANITÉ 2008 Rencontre avec Tiken Jah Fakoly, le chanteur ivoirien à l amusique reggae. Il sera sur la grande scène le 12 septembre.
SÉRIE DE L’ÉTÉ : AU CŒUR DE L’AMERIQUE SOCIALE Suivez pendant tout l’été le voyage de Guillaume Chérel sur les pas de Jack Kerouac de la côte est à la côte ouest des Etats-Unis. 2ème étape : les démunis de Chicago.
TELEVISION A l’ombre du Grand Timonier. Documentaire sur l’engouement des intellectuels pour Mao dans la France des années 60. Mouloud passe au vert. Quand l’animateur de Canal + fait des interviews « vertes » pour parler de la planête.
DANS L’HUMANITÉ DES DÉBATS DE SAMEDI 19 JUILLET Faut-il construire des tours à Paris ? La suppression de la carte scolaire aggrave-t-elle les inégalités ?
COMMANDEZ DÈS MAINTENANT VOS VIGNETTES D’ENTRÉE À LA FÊTE DE L’HUMANITÉ 2008 La vignette est un bon de soutien à l’Humanité et donne droit à une entrée gratuite à la fête pour les 3 jours. En vous rendant à la boutique du site de l’Humanité
Le 21 juillet 2008, le Président Sarkozy tentera de faire adopter par le congrès son projet de révision constitutionnelle. Le texte proposé constitue une menace grave pour notre démocratie. C’est une réforme sur mesure pour Sarkozy, faite pour donner à un Président qui veut décider de tout, les moyens légaux d’accroître ses pouvoirs.
La Constitution est un texte fondamental. Elle organise la répartition des pouvoirs et le fonctionnement des grandes institutions qui en sont dépositaires. Alors que toute modification importante devrait être soumise au débat et au vote des citoyens par référendum, Sarkozy fait passer son projet au coeur de l’été, sans véritable débat national sur les enjeux immenses de cette réforme piège.
Une réforme piège...
Piège parce qu’elle réduit les pouvoirs du Parlement au profit de ceux de l’exécutif et du Président de la République :
● en réduisant le droit d’amendement des parlementaires ; ● en permettant au chef de l’État de décider des interventions armées sans vote du Parlement ; ● en donnant au Président de la République la possibilité de s’exprimer devant les Assemblées sans que celles-ci aient les moyens de sanctionner ce discours par un vote ; ● en enfermant la politique budgétaire dans des contraintes gravées dans le marbre constitutionnel qui empêchent l’état d’agir ;
Au final, en faisant du Président de la République le véritable chef du gouvernement, la réforme exonère celui-ci de tout contrôle du Parlement sur son action et ses décisions. Bref, de quoi donner à Sarkozy les moyens d’aller encore plus vite et encore plus fort dans sa politique de mauvais coups.
... qui peut être déjouée
La gauche peut faire échec à cette logique. C’est son devoir de s’opposer à une réforme qui ferait de Sarkozy, le chef d’État occidental aux pouvoirs les plus étendus, plus encore que ceux dévolus par le régime présidentiel des Etats-Unis. Le 21 juillet, pas une voix des parlementaires de gauche ne doit manquer pour empêcher ce coup porté à la démocratie : face à un tel danger, si on est de gauche on vote non ! Les parlementaires communistes y sont résolus.
Pour une République sociale et participative
Au lieu de concentrer encore plus de pouvoir entre les mains d’un seul, les communistes proposent de donner beaucoup de pouvoirs nouveaux aux citoyennes et aux citoyens. Pour se faire entendre réellement. Pour que les décisions soient prises dans l’intérêt de tous, et non de quelques uns.
● Une République démocratique où le Parlement retrouve sa légitimité et ses pouvoirs ● Élections à la proportionnelle ● Limitation du cumul des mandats et parité ● Droit de vote des étrangers résidents aux élections locales et européennes ● Obligation de consulter le Parlement sur les choix européens et internationaux ● Profonde démocratisation du Sénat ● Respect du pluralisme par les médias, notamment le service public
● Une république participative, où les citoyen-nes aient des pouvoirs réels d’intervention directe ● Rendre la démocratie participative constitutionnelle et doter les collectivités des moyens pour favoriser la participation citoyenne ; ● Associer les citoyens aux décisions budgétaires des collectivités et rendre obligatoires des comptes rendus réguliers de mandat des élus ; ● Reconnaître le droit au référendum d’initiative citoyenne (localement et nationalement)
● Une république sociale, où les salarié-es puissent faire respecter leurs droits et leurs intérêts dans les entreprises ● élargir les droits collectifs des syndicats et des institutions représentatives du personnel ; ● permettre aux salariés et à leurs syndicats d’intervenir sur les choix et proposer des stratégies alternatives, ● permettre aux représentants de la collectivité de faire valoir les aspects territoriaux et environnementaux. ● mise en place d’un cadre public légal de contrôle des grandes entreprises, permettant notamment de conditionner les subventions ou marchés publics au respect de clauses sociales et environnementales.
Plus de pouvoirs au Président ? Non ! Plus de pouvoirs aux citoyens ? Oui !
Nicolas Sarkozy l’avait dit : « Il n’y aura pas de privatisation d’EDF et Gaz de France, c’est clair, c’est simple, c’est net ».
Hélas, l’entreprise publique Gaz de France vient de passer sous le contrôle du groupe privé franco-belge Suez. Avec la bénédiction du Président de la République, grand ami du principal actionnaire privé.
« C’est clair, c’est simple, c’est net », avec Sarkozy, il faut s’attendre au pire pour l’avenir de nos services publics et au meilleur pour ses copains du patronat. Et ce flagrant délit de mensonge est loin d’être le seul.
Le candidat Nicolas Sarkozy avait en effet tout promis : du travail pour tous, de bons salaires, plus de démocratie, plus d’efficacité des politiques publiques, permettre à chaque français d’être propriétaire de son logement, garantir la réussite de chacun à l’école, etc...
Après 15 mois de présidence, son indéniable talent de bonimenteur ne suffit plus à masquer l’échec des politiques menées, ou plutôt leur objectif véritable : une politique au service du patronat et des puissances de l’argent, contre les intérêts du plus grand nombre.
Le pouvoir d’achat aux oubliettes
Alors que les prix s’envolent et que les salaires stagnent, les promesses de campagne se sont évanouies. Des millions de françaises et de français ne peuvent plus joindre les deux bouts : sur-loyer, prix des denrées alimentaires, de l’essence, retraites minuscules, déremboursement de médicaments... Ils sont des millions qui ne partiront pas en vacances cet été. Ils sont des millions à jongler, non pas pour vivre mais simplement pour subsister.
Sarkozy a voulu faire croire qu’il pourrait agir sur le pouvoir d’achat sans toucher aux salaires, sans s’attaquer aux profits, à la spéculation. Mensonges !
Alors qu’en ce moment même des centaines milliards d’euros s’évaporent sur les marchés financiers, que les entreprises françaises font des bénéfices inégalés dans l’histoire (105 milliards en 2007 pour les seules entreprises du CAC40) et que le club des milliardaires compte chaque jour de nouveaux membres (le patrimoine des 500 plus grandes fortunes de France est passé de 200 à 280 milliards d’euros en une année), la « France qui se lève tôt » a un réveil pénible.
Les services publics sacrifiés
Plus c’est gros, mieux ça passe : déplorant que « les caisses sont vides », fustigeant des services publics sous perfusion ou l’assistanat des politiques sociales, Sarkozy distribue dans le même temps 15 milliards aux plus riches et octroie généreusement 65 milliards d’euros de cadeaux fiscaux aux entreprises, sans contrepartie sur l’emploi, sur l’investissement. Un scandale !
Par contre, pour les services publics ce sera le régime sec, et Sarkozy jure la main sur le coeur qu’il est possible de les rendre plus performants en ne remplaçant pas un fonctionnaire sur deux. De qui se moque-t-on ?
L’école, l’université et la recherche paient le plus lourd tribu au dogme libéral du président de la République. L’année prochaine, ce sont encore 30.000 postes de fonctionnaires qui seront supprimés, dont 13.000 dans l’éducation nationale (-25.000 depuis l’élection depuis mai 2007).
Derrière le paravent de « l’égalité des chances », l’objectif est clair : réduire drastiquement les dépenses de l’école publique, ouvrir des « marchés » pour le secteur privé de l’éducation et construire une école de la sélection et de la reproduction sociale des élites. Un projet mortel, rejeté par la communauté éducative, les parents d’élèves comme les étudiants mobilisés ce printemps et dont Sarkozy se vante de ne pas écouter les appels.
La démocratie piétinée
Voilà toute la méthode Sarkozy : le débat, la démocratie, ce serait du temps de perdu, la souveraineté populaire, un obstacle. La construction européenne en est un triste exemple. Prétendant avoir « entendu » ce qui s’est exprimé avec la victoire du Non au Traité de Constitution européenne, il repasse pourtant le plat avec un traité de Lisbonne tout aussi libéral et qu’il impose sans référendum : « vous n’en voulez pas mais vous en mangerez quand même ! » Même chose pour ces indociles Irlandais, invités à revoter jusqu’à ce que « oui » s’ensuive... Quel mépris des peuples et de la démocratie !
Et que dire de son projet de réforme de la Constitution renforçant les pouvoirs présidentiels et le bipartisme ? Que dire de ses manoeuvres politiciennes pour arracher un vote favorable à cette réforme et diviser la gauche ? Que dire également de sa conception du dialogue social ? Là aussi, le mensonge et l’entourloupe font loi. Ainsi, au mépris de la parole donnée aux partenaires sociaux et des accords négociés, le gouvernement poursuit son projet de déréglementation généralisée du droit du travail et de casse des 35 heures.
Nous avons été des centaines de milliers à nous mobiliser au printemps contre l’imposture Sarkozy et pour d’autres choix, une autre politique. Certains se proposent d’attendre 2012 pour mettre Sarkozy au chômage. Mais va-t-on le laisser continuer à tout casser pendant encore 4 ans ? Donnons-nous rendez-vous dès cet été et à la rentrée, pour poursuivre et amplifier ces mobilisations. Les communistes vous donnent notamment rendez-vous, à la Fête de l’Humanité, rendez-vous des colères, rendez-vous de l’espoir de celles et ceux qui veulent construire à gauche, une véritable alternative à cette politique.