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29.02.2008

C.G.T : SOUTIEN AUX SALARIES EN LUTTE DE SOCOTEC CONTRE LE LBO SUR LEURS ACTIONS .


 

CGT SOCOTEC ici


La Fédération CGT des Sociétés d’Etudes apporte son soutien aux salariés en lutte de la société SOCOTEC, et appuie les salariés pour :

1) Dénoncer les pratiques prédatrices des fonds d’investissement soutenues par le gouvernement et le Président de la République.

2) Exiger un processus transparent, respectueux du droit des actionnaires-salariés à choisir un repreneur éventuel.

Pour la Fédération, Noël LECHAT Secrétaire Général

CGT FSE, ici


Lire également le communiqué du collectif LBO :

Collectif LBO, ici

“Depuis près de 8 mois, l’ensemble des organisations syndicales de SOCOTEC (CFDT, CFTC, CGC, CGT, FO), le Comité d’Entreprise, et une nouvelle Association d’actionnaires dénoncent le processus pervers de restructuration du capital mis en oeuvre par le Conseil d’Administration. Cette opération est un véritable hold-up de l’entreprise, organisé par quelques cadres dirigeants avec le soutien d’un fonds d’investissement LBO. Si elle était menée jusqu’à son terme, elle remettrait en cause l’actionnariat salarié à 100 % de cette société(…)”

De : La Louve
vendredi 29 février 2008

site BELLACIAO

Dans les mairies,la pauvreté commence à se voir .

Sondage . Pour une majorité d’élus, pauvreté et exclusions progressent. La réquisition des logements vides et la construction de logements sociaux s’imposent.

Parce qu’ils sont des élus de proximité, les maires sont souvent les premiers témoins de la précarité dans leur commune. Un sondage, réalisé pour le Secours catholique et publié par le quotidien la Croix, à quelques jours des élections municipales, le confirme. Par rapport aux précédentes études, en 1995 et 2001, ils sont toujours plus nombreux à constater une augmentation de la pauvreté. 51 % des premiers magistrats estiment que la situation s’est aggravée. S’ils ne sont que 11 % à considérer que la population en état de pauvreté et d’exclusion est « en grand nombre » parmi leurs administrés, ce résultat a plus que doublé par rapport au même sondage réalisé sept ans plus tôt. On peut noter ici un décalage important entre la vision des maires et celle de l’ensemble des Français qui sont 55 % à penser que leurs concitoyens exclus sont nombreux.

Les élus placent en trio de tête des catégories en difficulté, les jeunes sans emploi à 58 %, les femmes seules avec des enfants à 50 %, et les chômeurs de longue durée à 44 %. Arrivent ensuite les personnes ayant un emploi précaire (38 %), les personnes âgées (37 %), en augmentation de 19 % par rapport à 2001, puis, loin derrière, les personnes sans domicile (2 %) et les immigrés (1 %). Interrogés sur leur bilan en termes de lutte contre ces phénomènes, les maires mettent en avant, à 69 %, le développement des services d’aide à domicile, devant l’aide aux factures impayées (44 %), l’aide au logement (42 %), ou encore le soutien scolaire aux enfants (40 %).

Ce n’est pas nouveau, le logement est l’une des principales préoccupations des édiles. Une surprise cependant : leur appréciation de certaines mesures à mettre en oeuvre pour remédier à la situation. Ils sont 81 % à faire prévaloir la construction de logements sociaux, ce qui contraste avec les choix de Nicolas Sarkozy. La production de logements en accession à la propriété, qui est, pour le coup, un des maîtres mots de la politique gouvernementale, recueille 93 % d’avis favorables. Quant aux hébergements d’urgence, ils fédèrent 61 % des maires sondés. Selon eux, les freins à la construction de logements sociaux relèvent essentiellement de l’augmentation des coûts de l’immobilier (47 %), du manque d’engagement de l’État (43 %), du manque de terrains disponibles (35 %), ainsi que de l’image négative de ces logements auprès de la population. Ils sont 26 % à pointer le manque de volonté de la part de certains de leurs collègues, et 11 % à juger la loi SRU insuffisamment incitative.

Pour répondre à la problématique du logement, 78 % des maires optent pour la préemption de terrains, 69 % pour la transformation de locaux ou bureaux en lieu d’habitation, et 65 % pour la garantie de relogement par la commune pour les familles expulsées de leur toit. Pour la première fois, une majorité d’entre eux se prononcent pour la réquisition de logements vides pour les sans-abri. Les gens du voyage, en revanche, sont toujours stigmatisés, avec seulement 31 % des maires qui se disent prêts à les accueillir sur leur territoire.

Ludovic Tomas

l' Huma du 28 / 02 / 08

CRISE FINANCIERE : ça craque !

Crise financière : ça craque !

La Bourse de Paris a encore nettement baissé vendredi, le CAC 40 reculant de 1,53%, les marchés financiers réagissent à une conjoncture économique en constante dégradation et un système financier qui ne se remet pas de la crise des subprimes.

Londres a cédé 1,36%, Francfort 1,67% et l’Eurostoxx 50 1,58%.

Dollar faible, crise des matières premières, les indicateurs économiques publiés ce vendredi 29 février, en Europe comme aux Etats-Unis, sont inquiétants, entre un moral des entreprises et des consommateurs au plus bas et une inflation qui reste à son niveau record en zone euro.

Au lendemain d’une chute de 2,08%, l’indice parisien a encore perdu 74,57 points à 4.790,66 points, dans un volume de transactions de 7,1 milliards d’euros.

De nombreuses valeurs financières du CAC 40 ont baissé, que ce soit BNP Paribas (-2,92%), Axa (-2,64%), Crédit Agricole (-1,90%) ou Dexia (-1,88%).

“L’Europe est toujours prise entre le marteau d’un dollar faible et l’enclume de matières premières dont le prix monte”, a commenté un vendeur d’actions, interrogé par l’AFP.

L’euro bat actuellement jour après jour de nouveaux records face à l’euro, ayant atteint vendredi matin 1,5239 dollar.

La faiblesse du billet vert a été alimentée par le discours jeudi du président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Ben Bernanke, qui avait dressé un tableau sombre de la situation économique.

Enfin le secteur financier a reçu son lot de mauvaises nouvelles, l’assureur américain AIG faisant état d’une division par plus de deux de ses bénéfices annuels et de 11,47 milliards de dollars de dépréciations.

Dans le même temps, les indicateurs économiques publiés le vendredi 29 février, en Europe comme aux Etats-Unis, sont trés inquiétants, entre un moral des entreprises et des consommateurs au plus bas et une inflation qui reste à son niveau record en zone euro.

La Banque centrale européenne réunit son comité de politique monétaire jeudi.


site de l' Humanité

Proche-Orient : Halte à l'escalade .


Proche-Orient : Halte à l’escalade

Avec plusieurs dizaines de victimes, majoritairement palestiniennes, en quelques jours, avec les menaces d’une intervention militaire israélienne massive à Gaza, une nouvelle crise majeure se dessine.

Pour obtenir l’arrêt des tirs de roquettes sur leur territoire, les autorités israéliennes n’envisagent que la force. Une fois encore, la logique de guerre risque de l’emporter et conduire à de nouveaux désastres.

La sécurité est une exigence légitime pour tous : Israéliens et Palestiniens. L’escalade doit cesser. Mais comment obtenir la baisse des tensions alors que la colonisation continue, que l’occupation perdure, que tout est bloqué, que les habitants de Gaza subissent les conséquences catastrophiques d’un blocus illégal et inhumain?

Le Parti communiste français exprime sa consternation et son inquiétude devant une telle montée des périls. Il appelle la France et l’Union européenne à exiger la levée immédiate du blocus de Gaza, l’application par Israël des résolutions des Nations Unies, la reprise d’un processus de négociations sincères et déterminées, dans un cadre multilatéral et incluant toutes les forces en présence.

Parti communiste français

Paris, le 29 février 2008

Des ( mesures d'urgence ) pour sauver la médecine du travail .

prévention . Le Conseil économique et social préconise une réforme afin d’adapter la médecine du travail aux nouveaux enjeux de la santé des salariés.

Il y a le feu à la médecine du travail : trois mois après les révélations de France Inter et Rue89 sur le scandale du financement des structures locales du MEDEF par les fonds de la santé au travail, le Conseil économique et social sonne l’alarme : l’institution est dans une situation « critique » et nécessite « une réforme urgente » pour répondre aux nombreux enjeux liés à la santé des salariés, estime le CES dans un rapport voté hier.

Saisi en décembre par le premier ministre, le Conseil constate que l’existence même de la médecine du travail est menacée : « La capacité de la médecine du travail de répondre aux enjeux de la santé au travail pose question, dans un contexte où, à côté de contraintes physiques persistantes, se développent d’autres risques liés à une intensification du travail comme les troubles musculo-squelettiques (TMS) et les risques psychosociaux », indique le rapport.

Le développement de formes de travail atypiques et le vieillissement de la population active renforcent la nécessité d’une médecine basée sur « la prévention » et « le maintien en activité », explique le rapporteur Christian Dellacherie.

Malgré plusieurs réformes entamées depuis 2000, la médecine du travail est encore trop centrée sur une logique d’obligation de visites médicales, au détriment d’un travail de terrain, analyse le rapporteur. Il propose de remplacer la déclaration d’aptitude, délivrée systématiquement, par un avis d’inaptitude, uniquement pour les cas où la santé du salarié l’impose. « Il est nécessaire de passer des - visites de routine à des actions ciblées sur des publics prioritaires, demandées par le salarié, ou programmées », estime-t-il.

Le rapport pose également la question centrale de l’indépendance du médecin du travail, employé et payé par l’employeur, et parfois empêché de relayer les problèmes des salariés et de faire évoluer l’organisation du travail.

Le mode de financement, controversé et sous la tutelle des employeurs, doit être réformé : le CES suggère de confier la gouvernance de la santé au travail à la Caisse nationale d’assurance-maladie (CNAM), accompagnée de comités régionaux de préventions des risques professionnels.

Pour le CES, le financement doit rester assis sur les cotisations des employeurs, mais déconnecté du nombre de visites effectuées par le médecin.

Le CES propose aussi que le médecin du travail ait un « devoir de saisine » en cas de risques avérés, et que ses préconisations fassent l’objet d’une réponse écrite de l’employeur.

Enfin, face à la « crise démographique » du secteur, le CES suggère d’augmenter le nombre de places au concours de l’internat, actuellement limité à 60 par an. Trois quarts des 6 500 médecins du travail sont âgés de plus de cinquante ans.

Lucy Bateman

l' Huma du 28 / 02 / 08

Docteur,combien je vous dois ?

Santé . Huit chirurgiens sur dix facturent légalement des dépassements d’honoraires. Cette pratique, qui tend à se généraliser, risque de conduire à une médecine à deux vitesses.

En mai 2007, Mme Denise P., qui souffre d’infections urinaires à répétition, est envoyée par son médecin traitant vers un urologue exerçant dans un hôpital parisien privé. Après plusieurs examens (radiographie, échographie), Mme P. est hospitalisée quatre jours pour une endoscopie vésicale avec ablation d’un polype. Avant l’intervention, elle est prévenue qu’elle aura à payer un dépassement d’honoraires de 200 euros, donc non remboursés par la Sécurité sociale, dont elle s’acquitte. À l’issue de l’opération, le chirurgien lui annonce avoir enlevé « une grosse tumeur » et préconise un traitement spécifique. Là encore, il lui annonce « un dépassement à prévoir pour chaque acte d’instillation ». Devant partir en vacances dans le Limousin, elle prend rendez-vous avec un chirurgien urologue de Limoges pour ne pas interrompre son traitement. Tout se passe sans problème et, surtout, sans dépassement d’honoraires.

1 000 euros pour une opération du coeur.

De retour en région parisienne, elle reprend contact avec son chirurgien pour un contrôle. « Surprise, il m’annonce que je dois être hospitalisée pendant quatre jours pour un bilan endoscopique sous anesthésie et une biopsie de la vessie », explique l’intéressée. On lui annonce derechef un dépassement de 200 euros. C’en est trop pour Mme P. « N’étant pas d’accord avec les quatre jours d’hospitalisation, j’ai réussi à obtenir un rendez-vous en urgence dans un institut mutualiste. » Là-bas, on lui fait aussitôt une endoscopie viscérale à un tarif conventionnel et on lui donne rendez-vous six mois plus tard. « Pour un simple contrôle, nous étions repartis pour une note d’honoraire identique avec en plus une chirurgie abusive », dénonce la patiente.

Les exemples de dépassement d’honoraires ne manquent pas. Ils sont même de plus en plus fréquents et importants. Ainsi cette femme à qui un chirurgien a demandé 1 000 euros pour une opération du coeur. Ou cette mère de famille célibataire qui a dû débourser 180 euros de sa poche pour se faire enlever un calcul dans un rein. Ou encore ce retraité obligé de payer 850 euros pour une opération de la prostate.

Cette pratique est montée en puissance ces dernières années, comme en témoigne un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), paru en avril dernier. La conclusion était sans appel : le montant des dépassements d’honoraire atteindrait 2 milliards d’euros, d’après une enquête réalisée en 2005. Cet état des lieux (le premier du genre) concluait que les dépassements pratiqués dans les cabinets médicaux représentaient 1,5 milliard d’euros, les 500 autres millions relevant des interventions pratiquées à l’hôpital ou en clinique. Limité chez les généralistes, ce procédé est devenu majoritaire chez les spécialistes, voire prédominant dans certaines disciplines. Ainsi plus de la moitié des parturientes (52 %) ont dû payer un dépassement allant de 74 euros à l’hôpital à 178 euros en clinique. En orthopédie, près des trois quarts des patients opérés d’une prothèse de hanche ont été concernés par des dépassements d’un montant moyen de 225 euros dans le public et 545 euros dans le privé. Même proportion pour les cas de cataracte ou de coloscopie. Et l’on ne parle même pas des dessous-de-table. D’après le rapport de l’IGAS, 8 % des Français se seraient vu proposer de payer au noir.

La conclusion du rapport, toujours d’actualité, reste sans appel : le système s’est tellement généralisé qu’il constitue un « recul de la solidarité nationale ». Il est même devenu « un obstacle à l’accès aux soins et, en ce sens, contraire aux principes fondateurs de l’assurance-maladie, qui entend garantir à tous (…) la protection de la santé ». Un constat que tous les jours des patients subissent.

les malades n’ont guère le choix

Mal informés, perdus dans les méandres des remboursements, contraints de jongler entre les grilles tarifaires des mutuelles et des assurances complémentaires, les malades n’ont guère le choix : ils paient ces dépassements parfois considérables, non remboursés par la Sécurité sociale et que les complémentaires ne couvrent, dans le meilleur des cas, que pour un tiers du montant. On estime que 1,3 milliard d’euros de dépassements d’honoraires reste à la charge des assurés. Si l’on ajoute les déremboursements de médicaments, les franchises, etc., le montant final à charge des ménages est très lourd, notamment pour les plus modestes : les chômeurs, les retraités et les salariés précaires. « Si j’avais su que cela me coûterait si cher, je n’y serais pas allée », témoigne ainsi Gisèle, « victime » d’un dépassement de 250 euros pour l’extraction d’un polype utérin. Raymond, lui, a eu du mal à payer les 800 euros de dépassement demandé pour une opération de la prostate. « Cette somme représente plus de la moitié d’un salaire d’un ouvrier. Et bien sûr, ce n’est pas remboursé par ma mutuelle car mon contrat ne comporte pas cette clause. »

Conséquence : de plus en plus de malades ne se soignent pas. Les médecins généralistes de secteur 1 en font le constat quasiment tous les jours. « Je ne trouve plus de spécialistes pour soigner mes patients les plus précaires. Entre ceux qui ne prennent pas la CMU et ceux qui pratiquent les dépassements, beaucoup ne peuvent plus payer et leur seul recours reste l’hôpital public. Mais les délais sont longs », déplore le docteur Didier Ménard, installé en Seine-Saint-Denis.

on est loin du code de déontologie

Comment en est-on arrivé là ? Instaurés pour compenser les longues études des médecins, puis pour faire face à l’augmentation de leurs charges (matériel, loyer, assurances), les dépassements sont censés être pratiqués avec « tact et mesure », comme le précise le Code de déontologie. On en est bien loin. Selon les auteurs du rapport de l’IGAS, le peu de contrôle et l’inexistence des sanctions en cas d’abus mais aussi la qualité très insuffisante des informations dispensées aux assurés et notamment l’absence d’affichage des tarifs dans les cabinets, explique aussi cette situation. Deux arguments qui sont paradoxaux, souligne Martin Winckler, médecin à l’origine de l’appel contre les franchises. « On ne peut pas dire « les tarifs des médecins doivent être clairement fixés et affichés à l’avance », et d’autre part, « les médecins peuvent fixer leurs honoraires librement sous réserve que ce soit avec tact et mesure ». C’est incohérent et inacceptable. »

Alors que les dépassements ne sont pas l’exception mais quasiment la règle, les patients en ont marre. Et commencent à le faire savoir. « Avec une petite retraite qui nous permet tout juste de vivre, il faut absolument que le gouvernement se penche sur le problème, fait savoir Joëlle. Autrement, on va droit vers une médecine pour les riches et une pour les moins aisés. »

Ce que fait mine de reconnaître la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot. Pour elle, c’est même « le problème majeur d’accès aux soins ». D’ailleurs, elle entend faire de la maîtrise des dépassements une « priorité » de son action. Mais la seule réponse qu’elle a apportée, c’est la généralisation des devis pour les actes importants. Ce que la ministre oublie, c’est que cela risque de banaliser les faibles dépassements qui, au final, en raison de leur effet cumulatif, ont un impact non négligeable sur le budget des familles.

Alexandra Chaignon

l' Huma du 28 / 02 / 08

Docteur,combien je vous dois ?

Santé . Huit chirurgiens sur dix facturent légalement des dépassements d’honoraires. Cette pratique, qui tend à se généraliser, risque de conduire à une médecine à deux vitesses.

En mai 2007, Mme Denise P., qui souffre d’infections urinaires à répétition, est envoyée par son médecin traitant vers un urologue exerçant dans un hôpital parisien privé. Après plusieurs examens (radiographie, échographie), Mme P. est hospitalisée quatre jours pour une endoscopie vésicale avec ablation d’un polype. Avant l’intervention, elle est prévenue qu’elle aura à payer un dépassement d’honoraires de 200 euros, donc non remboursés par la Sécurité sociale, dont elle s’acquitte. À l’issue de l’opération, le chirurgien lui annonce avoir enlevé « une grosse tumeur » et préconise un traitement spécifique. Là encore, il lui annonce « un dépassement à prévoir pour chaque acte d’instillation ». Devant partir en vacances dans le Limousin, elle prend rendez-vous avec un chirurgien urologue de Limoges pour ne pas interrompre son traitement. Tout se passe sans problème et, surtout, sans dépassement d’honoraires.

1 000 euros pour une opération du coeur.

De retour en région parisienne, elle reprend contact avec son chirurgien pour un contrôle. « Surprise, il m’annonce que je dois être hospitalisée pendant quatre jours pour un bilan endoscopique sous anesthésie et une biopsie de la vessie », explique l’intéressée. On lui annonce derechef un dépassement de 200 euros. C’en est trop pour Mme P. « N’étant pas d’accord avec les quatre jours d’hospitalisation, j’ai réussi à obtenir un rendez-vous en urgence dans un institut mutualiste. » Là-bas, on lui fait aussitôt une endoscopie viscérale à un tarif conventionnel et on lui donne rendez-vous six mois plus tard. « Pour un simple contrôle, nous étions repartis pour une note d’honoraire identique avec en plus une chirurgie abusive », dénonce la patiente.

Les exemples de dépassement d’honoraires ne manquent pas. Ils sont même de plus en plus fréquents et importants. Ainsi cette femme à qui un chirurgien a demandé 1 000 euros pour une opération du coeur. Ou cette mère de famille célibataire qui a dû débourser 180 euros de sa poche pour se faire enlever un calcul dans un rein. Ou encore ce retraité obligé de payer 850 euros pour une opération de la prostate.

Cette pratique est montée en puissance ces dernières années, comme en témoigne un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), paru en avril dernier. La conclusion était sans appel : le montant des dépassements d’honoraire atteindrait 2 milliards d’euros, d’après une enquête réalisée en 2005. Cet état des lieux (le premier du genre) concluait que les dépassements pratiqués dans les cabinets médicaux représentaient 1,5 milliard d’euros, les 500 autres millions relevant des interventions pratiquées à l’hôpital ou en clinique. Limité chez les généralistes, ce procédé est devenu majoritaire chez les spécialistes, voire prédominant dans certaines disciplines. Ainsi plus de la moitié des parturientes (52 %) ont dû payer un dépassement allant de 74 euros à l’hôpital à 178 euros en clinique. En orthopédie, près des trois quarts des patients opérés d’une prothèse de hanche ont été concernés par des dépassements d’un montant moyen de 225 euros dans le public et 545 euros dans le privé. Même proportion pour les cas de cataracte ou de coloscopie. Et l’on ne parle même pas des dessous-de-table. D’après le rapport de l’IGAS, 8 % des Français se seraient vu proposer de payer au noir.

La conclusion du rapport, toujours d’actualité, reste sans appel : le système s’est tellement généralisé qu’il constitue un « recul de la solidarité nationale ». Il est même devenu « un obstacle à l’accès aux soins et, en ce sens, contraire aux principes fondateurs de l’assurance-maladie, qui entend garantir à tous (…) la protection de la santé ». Un constat que tous les jours des patients subissent.

les malades n’ont guère le choix

Mal informés, perdus dans les méandres des remboursements, contraints de jongler entre les grilles tarifaires des mutuelles et des assurances complémentaires, les malades n’ont guère le choix : ils paient ces dépassements parfois considérables, non remboursés par la Sécurité sociale et que les complémentaires ne couvrent, dans le meilleur des cas, que pour un tiers du montant. On estime que 1,3 milliard d’euros de dépassements d’honoraires reste à la charge des assurés. Si l’on ajoute les déremboursements de médicaments, les franchises, etc., le montant final à charge des ménages est très lourd, notamment pour les plus modestes : les chômeurs, les retraités et les salariés précaires. « Si j’avais su que cela me coûterait si cher, je n’y serais pas allée », témoigne ainsi Gisèle, « victime » d’un dépassement de 250 euros pour l’extraction d’un polype utérin. Raymond, lui, a eu du mal à payer les 800 euros de dépassement demandé pour une opération de la prostate. « Cette somme représente plus de la moitié d’un salaire d’un ouvrier. Et bien sûr, ce n’est pas remboursé par ma mutuelle car mon contrat ne comporte pas cette clause. »

Conséquence : de plus en plus de malades ne se soignent pas. Les médecins généralistes de secteur 1 en font le constat quasiment tous les jours. « Je ne trouve plus de spécialistes pour soigner mes patients les plus précaires. Entre ceux qui ne prennent pas la CMU et ceux qui pratiquent les dépassements, beaucoup ne peuvent plus payer et leur seul recours reste l’hôpital public. Mais les délais sont longs », déplore le docteur Didier Ménard, installé en Seine-Saint-Denis.

on est loin du code de déontologie

Comment en est-on arrivé là ? Instaurés pour compenser les longues études des médecins, puis pour faire face à l’augmentation de leurs charges (matériel, loyer, assurances), les dépassements sont censés être pratiqués avec « tact et mesure », comme le précise le Code de déontologie. On en est bien loin. Selon les auteurs du rapport de l’IGAS, le peu de contrôle et l’inexistence des sanctions en cas d’abus mais aussi la qualité très insuffisante des informations dispensées aux assurés et notamment l’absence d’affichage des tarifs dans les cabinets, explique aussi cette situation. Deux arguments qui sont paradoxaux, souligne Martin Winckler, médecin à l’origine de l’appel contre les franchises. « On ne peut pas dire « les tarifs des médecins doivent être clairement fixés et affichés à l’avance », et d’autre part, « les médecins peuvent fixer leurs honoraires librement sous réserve que ce soit avec tact et mesure ». C’est incohérent et inacceptable. »

Alors que les dépassements ne sont pas l’exception mais quasiment la règle, les patients en ont marre. Et commencent à le faire savoir. « Avec une petite retraite qui nous permet tout juste de vivre, il faut absolument que le gouvernement se penche sur le problème, fait savoir Joëlle. Autrement, on va droit vers une médecine pour les riches et une pour les moins aisés. »

Ce que fait mine de reconnaître la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot. Pour elle, c’est même « le problème majeur d’accès aux soins ». D’ailleurs, elle entend faire de la maîtrise des dépassements une « priorité » de son action. Mais la seule réponse qu’elle a apportée, c’est la généralisation des devis pour les actes importants. Ce que la ministre oublie, c’est que cela risque de banaliser les faibles dépassements qui, au final, en raison de leur effet cumulatif, ont un impact non négligeable sur le budget des familles.

Alexandra Chaignon

l' Huma du 28 / 02 / 08

Les sans-papiers manifestent samedi 1er mars 2008 .


 

Les sans-papiers manifestent, samedi 1er mars, à Joinville-le-Pont, pour sensibiliser les habitants de la présence d’un camp de rétention en face de chez eux.

Ils vont aussi manifester autour du camp de rétention pour exiger l’arrêt de l’enfermement des étrangers, la libération de tous les sans-papiers et leur régularisation immédiate.

Départ de la manif à Joinville-le-Pont (RER A) à 14h30

9ème Collectif des Sans-Papiers 9eme_collectif py6 no-log.org

De : 9EME
vendredi 29 février 2008

site BELLACIAO

A l'UMP,tout est permis pour digérer l'extrême droite .

ALPES-MARITIMES . Un ancien membre des commandos delta de l’OAS figure sur la liste UMP conduite par le maire de Cagnes-sur-Mer.

Vendredi dernier, Nicolas Sarkozy célébrait la mémoire du général de Gaulle en inaugurant l’historial qui lui est dédié, aux Invalides. Dans les rangs de l’UMP, pourtant, certains ne s’embarrassent guère de cet héritage politique susceptible de faire obstacle à la digestion de l’extrême droite, singulièrement celle qui entretient la nostalgie de l’OAS. Ainsi le maire UMP de Cagnes-sur-Mer, Louis Nègre, affiche-t-il comme en 2001, sur la liste qu’il conduit aux municipales, le nom d’un certain Gabriel Anglade. Classé par les historiens parmi les « contre-terroristes » chargés d’assassiner clandestinement des membres supposés du FLN durant la guerre d’Algérie, il rejoint, après l’échec du putsch du 21 avril 1961, l’officier parachutiste déserteur Roger Degueldre, créateur et chef des « commandos delta » de l’OAS, ces équipes de tueurs qui semèrent le sang et la terreur à partir de l’été 1961. Affecté à l’un d’entre eux, celui que l’on surnommait « Gaby l’argenté » prit part à plusieurs attentats (1).

Le 15 mars 1962, avec Degueldre et Joseph Rizza, il participa à l’assassinat de six fonctionnaires de l’éducation nationale, responsables des Centre sociaux éducatifs fondés par Germaine Tillon : Max Marchand, Marcel Basset, Salah Henri Ould Aoudia, Ali Hammoutene, Robert

Eymard et l’écrivain Mouloud Feraoun. « Anglade déclencha le tir contre l’écrivain algérien Mouloud Feraoun », écrit l’historien Alexander Harrison (2). Anglade ne renie d’ailleurs pas ce passé. Les deltas, explique-t-il, étaient des « citoyens ordinaires prêts à mourir pour une cause, le maintien de l’Algérie française » (3).

De ce passé criminel, il n’eut jamais à rendre de comptes devant la justice. Comme ceux d’anciens militants de l’OAS, le nom de ce proche de Jacques Médecin réapparaît à la fin des années soixante-dix dans la rubrique du droit commun, notamment au moment de l’affaire du fameux casse de Nice (4). À soixante-treize ans, président de la Maison des pieds-noirs de Cagnes et adjoint au maire en charge des rapatriés, il continue d’entretenir la nostalgie de son sinistre passé et du temps béni des colonies. À l’origine d’un rassemblement pour exalter « l’oeuvre positive » de la colonisation, le 20 mai 2006, Anglade avait reçu, pour son initiative, la visite et l’appui de Christian Estrosi, alors ministre de l’Aménagement du territoire. « Le temps des excuses est fini », avait lancé le ministre, entre les stands arborant des pins de l’OAS ou du général Salan, et ceux proposant une abondante littérature sur « l’oeuvre maléfique de De Gaulle » (5). Contactés par l’Humanité sur la présence de Gabriel Anglade sur la liste UMP, le maire de Cagnes-sur-Mer, n’a pas donné suite. Ils n’est « pas joignable ». L’une de ses colistières UMP, Corinne Guidon Pietrowski, estime que le passé d’Anglade relève de « vieilles histoires de guerre » et qu’il faut « tourner la page ».

Alerté par une missive adressée à une douzaine d’élus par Jean-Philippe Ould Aoudia, fils de l’un des six inspecteurs de l’Éducation nationale assassinés le 15 mars 1962, le communiste Michel Santinelli, tête de liste de la gauche, se dit « abasourdi ». « Je le savais proche de l’extrême droite, mais, comme la plupart des Cagnois, j’ignorais tout de son passé. Je suis outré », affirme-t-il. Pour lui, pas de doute. Le lien est direct entre la sinistre biographie de ce conseiller municipal et « la stratégie de Louis Nègre pour séduire l’électorat du FN ».

(1) Voir la notice établie par Jean-Philippe Ould Aoudia dans la Bataille de Marignane, la République, aujourd’hui, face à l’OAS, préface de Pierre Joxe,

Ed. Tirésias, 2006, p. 76.

(2) Challenging de Gaulle. The OAS and the contre-révolution in Algeria,

Alexander Harrison, Éd. Praeger,

New York, 1989.

(3) Cité par Anne-Marie Duranton Crabol, le temps de l’OAS, Éd. Complexes, 1995, p. 130.

(4) Rémi Kauffer, OAS, histoire d’une organisation secrète, Fayard, 1986.

pp 310 et 352.

(5) « Pieds-noirs ou la culture

du souvenir d’un là-bas perdu »,

Nice Matin, 21 mai 2006.

Lucie Martin

l' Huma du 28 / 02 / 08

A l'UMP,tout est permis pour digérer l'extrême droite .

ALPES-MARITIMES . Un ancien membre des commandos delta de l’OAS figure sur la liste UMP conduite par le maire de Cagnes-sur-Mer.

Vendredi dernier, Nicolas Sarkozy célébrait la mémoire du général de Gaulle en inaugurant l’historial qui lui est dédié, aux Invalides. Dans les rangs de l’UMP, pourtant, certains ne s’embarrassent guère de cet héritage politique susceptible de faire obstacle à la digestion de l’extrême droite, singulièrement celle qui entretient la nostalgie de l’OAS. Ainsi le maire UMP de Cagnes-sur-Mer, Louis Nègre, affiche-t-il comme en 2001, sur la liste qu’il conduit aux municipales, le nom d’un certain Gabriel Anglade. Classé par les historiens parmi les « contre-terroristes » chargés d’assassiner clandestinement des membres supposés du FLN durant la guerre d’Algérie, il rejoint, après l’échec du putsch du 21 avril 1961, l’officier parachutiste déserteur Roger Degueldre, créateur et chef des « commandos delta » de l’OAS, ces équipes de tueurs qui semèrent le sang et la terreur à partir de l’été 1961. Affecté à l’un d’entre eux, celui que l’on surnommait « Gaby l’argenté » prit part à plusieurs attentats (1).

Le 15 mars 1962, avec Degueldre et Joseph Rizza, il participa à l’assassinat de six fonctionnaires de l’éducation nationale, responsables des Centre sociaux éducatifs fondés par Germaine Tillon : Max Marchand, Marcel Basset, Salah Henri Ould Aoudia, Ali Hammoutene, Robert

Eymard et l’écrivain Mouloud Feraoun. « Anglade déclencha le tir contre l’écrivain algérien Mouloud Feraoun », écrit l’historien Alexander Harrison (2). Anglade ne renie d’ailleurs pas ce passé. Les deltas, explique-t-il, étaient des « citoyens ordinaires prêts à mourir pour une cause, le maintien de l’Algérie française » (3).

De ce passé criminel, il n’eut jamais à rendre de comptes devant la justice. Comme ceux d’anciens militants de l’OAS, le nom de ce proche de Jacques Médecin réapparaît à la fin des années soixante-dix dans la rubrique du droit commun, notamment au moment de l’affaire du fameux casse de Nice (4). À soixante-treize ans, président de la Maison des pieds-noirs de Cagnes et adjoint au maire en charge des rapatriés, il continue d’entretenir la nostalgie de son sinistre passé et du temps béni des colonies. À l’origine d’un rassemblement pour exalter « l’oeuvre positive » de la colonisation, le 20 mai 2006, Anglade avait reçu, pour son initiative, la visite et l’appui de Christian Estrosi, alors ministre de l’Aménagement du territoire. « Le temps des excuses est fini », avait lancé le ministre, entre les stands arborant des pins de l’OAS ou du général Salan, et ceux proposant une abondante littérature sur « l’oeuvre maléfique de De Gaulle » (5). Contactés par l’Humanité sur la présence de Gabriel Anglade sur la liste UMP, le maire de Cagnes-sur-Mer, n’a pas donné suite. Ils n’est « pas joignable ». L’une de ses colistières UMP, Corinne Guidon Pietrowski, estime que le passé d’Anglade relève de « vieilles histoires de guerre » et qu’il faut « tourner la page ».

Alerté par une missive adressée à une douzaine d’élus par Jean-Philippe Ould Aoudia, fils de l’un des six inspecteurs de l’Éducation nationale assassinés le 15 mars 1962, le communiste Michel Santinelli, tête de liste de la gauche, se dit « abasourdi ». « Je le savais proche de l’extrême droite, mais, comme la plupart des Cagnois, j’ignorais tout de son passé. Je suis outré », affirme-t-il. Pour lui, pas de doute. Le lien est direct entre la sinistre biographie de ce conseiller municipal et « la stratégie de Louis Nègre pour séduire l’électorat du FN ».

(1) Voir la notice établie par Jean-Philippe Ould Aoudia dans la Bataille de Marignane, la République, aujourd’hui, face à l’OAS, préface de Pierre Joxe,

Ed. Tirésias, 2006, p. 76.

(2) Challenging de Gaulle. The OAS and the contre-révolution in Algeria,

Alexander Harrison, Éd. Praeger,

New York, 1989.

(3) Cité par Anne-Marie Duranton Crabol, le temps de l’OAS, Éd. Complexes, 1995, p. 130.

(4) Rémi Kauffer, OAS, histoire d’une organisation secrète, Fayard, 1986.

pp 310 et 352.

(5) « Pieds-noirs ou la culture

du souvenir d’un là-bas perdu »,

Nice Matin, 21 mai 2006.

Lucie Martin

l' Huma du 28 / 02 / 08

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