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29.02.2008

Dans les mairies,la pauvreté commence à se voir .

Sondage . Pour une majorité d’élus, pauvreté et exclusions progressent. La réquisition des logements vides et la construction de logements sociaux s’imposent.

Parce qu’ils sont des élus de proximité, les maires sont souvent les premiers témoins de la précarité dans leur commune. Un sondage, réalisé pour le Secours catholique et publié par le quotidien la Croix, à quelques jours des élections municipales, le confirme. Par rapport aux précédentes études, en 1995 et 2001, ils sont toujours plus nombreux à constater une augmentation de la pauvreté. 51 % des premiers magistrats estiment que la situation s’est aggravée. S’ils ne sont que 11 % à considérer que la population en état de pauvreté et d’exclusion est « en grand nombre » parmi leurs administrés, ce résultat a plus que doublé par rapport au même sondage réalisé sept ans plus tôt. On peut noter ici un décalage important entre la vision des maires et celle de l’ensemble des Français qui sont 55 % à penser que leurs concitoyens exclus sont nombreux.

Les élus placent en trio de tête des catégories en difficulté, les jeunes sans emploi à 58 %, les femmes seules avec des enfants à 50 %, et les chômeurs de longue durée à 44 %. Arrivent ensuite les personnes ayant un emploi précaire (38 %), les personnes âgées (37 %), en augmentation de 19 % par rapport à 2001, puis, loin derrière, les personnes sans domicile (2 %) et les immigrés (1 %). Interrogés sur leur bilan en termes de lutte contre ces phénomènes, les maires mettent en avant, à 69 %, le développement des services d’aide à domicile, devant l’aide aux factures impayées (44 %), l’aide au logement (42 %), ou encore le soutien scolaire aux enfants (40 %).

Ce n’est pas nouveau, le logement est l’une des principales préoccupations des édiles. Une surprise cependant : leur appréciation de certaines mesures à mettre en oeuvre pour remédier à la situation. Ils sont 81 % à faire prévaloir la construction de logements sociaux, ce qui contraste avec les choix de Nicolas Sarkozy. La production de logements en accession à la propriété, qui est, pour le coup, un des maîtres mots de la politique gouvernementale, recueille 93 % d’avis favorables. Quant aux hébergements d’urgence, ils fédèrent 61 % des maires sondés. Selon eux, les freins à la construction de logements sociaux relèvent essentiellement de l’augmentation des coûts de l’immobilier (47 %), du manque d’engagement de l’État (43 %), du manque de terrains disponibles (35 %), ainsi que de l’image négative de ces logements auprès de la population. Ils sont 26 % à pointer le manque de volonté de la part de certains de leurs collègues, et 11 % à juger la loi SRU insuffisamment incitative.

Pour répondre à la problématique du logement, 78 % des maires optent pour la préemption de terrains, 69 % pour la transformation de locaux ou bureaux en lieu d’habitation, et 65 % pour la garantie de relogement par la commune pour les familles expulsées de leur toit. Pour la première fois, une majorité d’entre eux se prononcent pour la réquisition de logements vides pour les sans-abri. Les gens du voyage, en revanche, sont toujours stigmatisés, avec seulement 31 % des maires qui se disent prêts à les accueillir sur leur territoire.

Ludovic Tomas

l' Huma du 28 / 02 / 08

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