16.12.2009

La lettre du journal l'Humanité

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jeudi 17 décembre 2009

Á LA UNE DE VOTRE JOURNAL

LES DOCTEURS FOLAMOUR DE LA CRISE
Chômage, plans d’austérité, spéculation, gâchis de fonds publics : comment les multinationales et les grands pays capitalistes jettent de l’huile sur le feu de la crise et créent les conditions de nouvelles déflagrations encore plus graves.
Les propositions alternatives de trois économistes

FEMMES D’AFAK
Du quartier des Tilleuls, au Blanc-Mesnil en Seine-Saint-Denis, aux ruches de Si-Mustpaha, près d’Alger : là une pièce de théâtre, ici une coopérative. Deux manières de mener la bataille de l’émancipation.
Reportage de notre envoyée spéciale à Si-Mustapha (Algérie).

LE NOUVEL APPEL DE MARWAN BARGHOUTI
Du fond de sa prison, le dirigeant palestinien plaide pour un accord de réconciliation nationale entre le Fatah et le Hamas avant toute organisation du scrutin présidentiel et législatif.

IDENTITÉ : UN DÉBAT QUI DÉRAPE
Le débat sur l’identité natiionale voulu par le président Sarkozy et orchestré complaisamment par Éric Besson produit plus de dommages collatéraux que d’effets positifs pour le gouvernement. Explications.

L’INADMISSIBLE BLOCAGE DU RER PAR LA RATP
Alors que la grève est suivie à 98 %, la direction a dû ouvrir des négociations sans, pour l’instant, satisfaire les revendications.
La vraie vie de Catherine, conductrice du RER A.

UN CHARTER AU MÉPRIS DU DROIT
Lundi, la cour d’appel de Douai pointait l’illégalité d’expulsions réalisées sans laissez-passer des autorités afghanes. Celles-ci n’en avaient pas délivrés aux neuf Afghans renvoyés dans leur pays.

SOMMET DE COPENHAGUE
Le sommet sur le climat semble sur le point de capoter devant le refus des États-Unis de s’engager. Le président vénézuélien Hugo Chavez interpelle vigoureusement les délégués.

TRIBUNE DE JACK RALITE
De la politique à la police culturelle, le vertige des atteintes à la liberté.

LE RENDEZ-VOUS DES LIVRES
La réédition en un volume du Grand Incendie de Londres de Jacques Roubaud, met en lumière une entreprise autobiographgique sans exemple couvrant trois domaines, poésie, mathématique et roman.
Retrouvez également, vos chroniques habituelles

C’EST UN SCANDALE !
Prof agrégé, Éric Godelier a été rayé des listes d’experts de l’éducation nationale sur ordre du cabinet de Luc Chatel pour avoir signé la pétition sur l’histoire-géo !

 



Dossiers

15.12.2009

Fric-frac sous les étiquettes .

Le président vient de décider un nouveau transfert massif d’argent public au bénéfice des actionnaires. Les marchés financiers qui s’enrichiront de cette dette se réjouissent.

Par Patrick Apel-Muller

Nicolas Sarkozy avait déjà débloqué des dizaines de milliards d’euros pour rétablir la santé des banques et leur permettre de se relancer dans les spéculations en tous genres. Il a annoncé hier qu’un emprunt de 22 milliards serait contracté pour financer des innovations propres à dynamiser la course aux profits des grands groupes. Sous les étiquettes flatteuses de financement de la recherche, de mise en place de filières d’excellence, d’éclosion d’une économie verte, le président vient de décider un nouveau transfert massif d’argent public au bénéfice des actionnaires. Quant à la formation, il supprime des dizaines de milliers de postes d’enseignants. La recherche ? Il démantèle l’organisme scientifique le plus productif au monde, le CNRS !

Une nouvelle fois, la droite pioche dans les poches des Français pour satisfaire les plus riches. Les marchés financiers qui s’enrichiront de cette dette se réjouissent. Quant à nous, le pire est à attendre de la conférence sur la dette publique envisagée pour janvier. Après avoir encore creusé le trou, le gouvernement va présenter l’addition aux Français, non pas à ceux que le bouclier fiscal a abrités de l’impôt sur les grosses fortunes ou sur les revenus, mais à ceux qui comptent sur les services publics pour améliorer la vie, ceux qui vivent de salaires modestes et non de rentes, ceux qui envoient leurs enfants à l’école publique plutôt que dans les établissements privés des beaux quartiers. Une austérité brutale est mitonnée dans les arrière-cuisines de Bercy, qui ne demande plus qu’à être servie. Les intérêts de l’emprunt et des faveurs accordées aux grands groupes de l’industrie et de la finance vont se payer en dizaines de milliers de postes de fonctionnaires supprimés, en salaires rabougris, en aides sociales comprimées. L’Élysée envisage aussi de brader les bijoux de famille, comme la filière électronucléaire française qu’il veut ouvrir aux capitaux privés On y cite très précisément les noms de l’allemand Siemens (qui vient de se retirer de Framatome peut-être pour exiger une plus grosse part du gâteau) ou le japonais Mitsubishi. C’est sous le signe de la privatisation qu’il veut mettre en place une politique d’énergie commune en Europe. Avec les lourds dangers que l’obsession des dividendes fera peser sur la sécurité. Voilà ce que le ministre Christian Estrosi dépeint comme « une décision ambitieuse et visionnaire ». Elle bégaie l’argument de ce Caillaux, ministre des Finances concoctant l’impôt sur le revenu, qui lançait : « Faites payer les pauvres ! Bien sûr, les riches ont la capacité de supporter des impôts plus lourds, mais les pauvres sont tellement plus nombreux… »

Victor Hugo écrivait : « C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches. » Ce dernier prend de l’embonpoint. Jugez-en. Près de 70 milliards d’euros d’aides d’État sont déjà versées aux entreprises, sans réelles contre-parties. L’équivalent de trois emprunts d’État, de trois fois et demie le déficit de la Sécu, neuf fois plus que le déficit des retraites prévu en 2010… Il est utile de rapprocher certains chiffres pour démystifier les campagnes de conditionnement destinées à faire accepter demain la mise en cause de la retraite à 60 ans ou de l’accès à la santé pour tous.

site de l'Huma

Copenhague : urgence politique .

Déclaration du PGE


Mis en ligne : 15 décembre
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Les délégations de la Gauche Européenne ont participé à la manifestation “System change, not climate change” (Changer le système, pas le climat) qui a réuni 100.000 personnes le 12 décembre 2009 à Copenhague pour faire pression sur les chefs d’état. Cette manifestation exprime l’exigence populaire d’un accord fort. Elle montre la montée en puissance de l’idée que la justice climatique passera forcément par plus de justice sociale et la prise en compte du point de vue des pays du Sud qui sont les premières victimes du réchauffement climatique.

Dans le même temps, les textes actuellement en débat au sein de la COP 15 (Conférence des chefs d’état) sont d’une tiédeur extrême : aucun engagement financier ou des sommes dérisoires, pas d’accord sur une limitation du réchauffement à 1.5° comme le propose des petits pays insulaires soutenus par une centaine de pays en développement, pas d’accord juridiquement contraignant, risque que les États-Unis se mettent à part du reste du monde. Déjà les pays du Sud rejettent tout accord sur la base des documents actuels.

Le risque est donc grand que le sommet accouche d’une simple déclaration politique qui ne sera qu’un catalogue de bonnes intentions et pas un accord ambitieux et contraignant.

Pour les délégations de la Gauche Européennes présentes à Copenhague, un bon accord devra inclure tous les pays, être chiffré et juridiquement contraignant. Nous rappelons que notre demande est la réduction de 40% des émissions de CO2 (par rapport à 1990) d’ici 2020 dans les pays développés et que nous sommes opposés à la marchandisation du droit de polluer. Nous sommes pour un soutien financier et technologique aux pays en voie de développement qui pourrait être géré par l’ONU. Pour financer ces mesures de transformations, nous proposons la réduction des dépenses militaires et une taxation des transactions financières.

Nous sommes attachés à deux principes fondamentaux : celui de responsabilité commune mais différenciée qui souligne la responsabilité historique des nations industrialisées et le droit des pays pauvres de se développer tout en prenant en compte l’urgence climatique actuelle, et le droit à l’énergie propre pour toutes et tous (dans le cadre d’un développement soutenable et solidaire).

C’est pourquoi, notamment au niveau européen, nous sommes pour un secteur énergétique public fort, le développement des transports en commun et du fret ferré ainsi que l’isolation massive des bâtiments. Ces transformations ne pourront être obtenues sans une pression populaire sur les institutions européennes et la remise en cause d’une série de règles imposées par le Traité de Lisbonne.

Pour relever le défi devant lequel nous sommes, et initier une alternative réellement écologique, il faut sortir au minimum les biens communs de l’humanité du capitalisme.

Le 13 décembre 2009 Les délégations de la Gauche Européenne présentes à Copenhague

site du PCF